Œuvres ouvertes

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Il s’asseyait sur des chaises ou sur des bancs, avec ce sentiment toujours plus vif de ne rien devoir ajouter au monde tel qu’il était autour de lui. Ce qui existait, tout ce qui l’entourait était bien ou mal, il ne savait exactement, tâchant d’intervenir le moins possible dans ce qui se tramait dans son environnement immédiat. Ainsi, lisant quotidiennement des journaux récupérés çà et là, il n’en retenait rien. Et il faisait de cet oubli devenu rituel un exercice salutaire.
Assis à l’ écart, occupant (...)

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Daniel Bensaïd, né le 25 mars 1946 à Toulouse et mort à Paris le 12 janvier 2010, est un philosophe et un théoricien du mouvement trotskiste en France, ainsi qu’un dirigeant historique de la Ligue communiste révolutionnaire et de la Quatrième Internationale. Hommage lui a été rendu le 24 janvier dernier à la Mutualité à Paris.

Les nouveaux enfants pullulaient. Un peu partout sur la planète, ils portaient un bermuda et un tee-shirt, parlaient comme leurs propres enfants, et étaient mal rasés. On les rencontrait dans les villes et à la plage, manœuvrant de lourds véhicules. Ils racontaient tous les mêmes blagues, entendues dans des soirées d’enfants vieillis. Leurs expressions étaient celles de leur jeunesse, mélangées à de plus modernes, mais résolument enfantines. Rien en eux ne s’était développé depuis une puberté (...)

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Chaque jour, le vieil homme arpentait les bords du fleuve. Il marchait penché sur une canne, portant des lunettes noires, et jamais je ne vis ses yeux qu’il levait parfois vers le ciel, à la recherche de je ne sais quel détail inaperçu par le commun des passants.
Sa démarche était celle d’un crabe précautionneux, attentif au moindre de ses pas. Se promenait-il, ou meublait-il les journées, incapable de rester tranquille chez lui ? En vérité, il n’avait guère l’allure du promeneur, dont la (...)

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.

Elle passait chaque jour dans la rue du château, tirée par son chien. Puis elle tournait à droite, montait jusqu’ à l’église et continuait son chemin vers le cimetière. Là, elle rendait visite à ceux et celles qui étaient partis avant elle, qu’elle connaissait à peine en vérité, mais qui avaient habité le village. Elle enlevait les fleurs fanées des tombes, arrosait les plantes, nettoyait.
Ses journées étaient rythmées par ses visites aux morts. Comme le chien tirait toujours, les allers et retours (...)

Traduction, fragment après fragment, des 114 "Grains de pollen", première oeuvre publiée par Novalis, dans la revue Athenäum en 1798.