Œuvres ouvertes

Les corbeaux

d’après l’édition originale des poèmes (premier recueil), 1913

Au-dessus du coin noir se hâtent
A midi les corbeaux, poussant de durs cris.
Leur ombre passe à côté de la biche,
Et parfois on les voit faire une halte, moroses.

O comme ils gênent le silence brun
Où un champ s’épanouit comme une femme
Que charme un lourd pressentiment,
Et parfois on peut les entendre croasser.

Et une charogne qu’ils ont flairée quelque part,
Et soudain ils s’envolent vers le nord
Et ils disparaissent comme un cortège funèbre
Dans les airs, qui frémissent de volupté.

© Georg Trakl _ 26 juin 2011

Messages

  • belle traduction ; un de mes amis poète, Jacques DEMAUDE s’est beaucoup penché sur son œuvre et l’a fait connaître autour de lui :" Georg Trakl ou l ’horreur de la descendance inenfantée"
    il s’agit d’une étude suivie d’un choix de traductions nouvelles éd ELYTRES