Œuvres ouvertes

Pays inconnu (22)

un voyage en morceaux

Ils sont l’éveil du pays, ils en sont la conscience. Les hommes qui étaient là avant eux dormaient, ils les ont tirés du sommeil.

Dans leurs tours d’argent, ils ne dorment pas, ils ne dorment jamais. Dans toute la ville on les reconnaît à leur seul regard, à leur œil qui vous fixe et vous ordonne de sortir de votre éternel sommeil. Car ils reconnaissent en un seul coup d’œil qui dort et qui veille, qui travaille à l’avenir du pays et qui s’en moque, profondément endormi, perdu dans la rêverie collective d’avant la conquête.

L’œil qui vous fixe combat à chaque instant cette ancienne rêverie en vous forçant à voir ce que lui seul voit, en vous obligeant à regarder des images toujours nouvelles, loin devant vous. L’œil qui vous fixe éradiquera jusqu’au dernier arpent de votre espace intérieur.

© Laurent Margantin _ 14 juillet 2011

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