Œuvres ouvertes

Pays inconnu (43)

un voyage en morceaux

Dans la ville à buildings, la flânerie n’est possible que dans les sous-sols et les passages commerciaux. Sur les trottoirs de la ville à buildings, on marche à grands pas, on court presque, et chacun doit avancer dans le flux humain, parfois stoppé net dans son élan par des barrières métalliques que l’on dresse quelques instants sur le trottoir pour laisser venir un véhicule d’une sortie d’immeuble. Sur les trottoirs de ville à buildings, personne ne regarde à droite ou à gauche, il n’y a pas de place pour celui qui voudrait s’arrêter devant une vitrine. Les trottoirs de la ville à buildings sont des canaux à piétons, quand les rues à côté sont parcourues par un flux incessant de véhicules.

Si ce monde de la vitesse et du flux est le réel, alors tout ce qui est lent prend l’apparence du rêve, comme ces chevaux montés par des policiers, comme cette écriture qui, pour exister, a dû emprunter un chemin de traverse loin des trottoirs de la ville à buildings.

© Laurent Margantin _ 26 juillet 2011

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