Œuvres ouvertes

Pays inconnu (78)

un voyage en morceaux

Les taches de rêve dans notre ville, on ne les nettoie plus depuis que la mairie a supprimé plusieurs dizaine de postes d’agents de nettoyage qui en étaient chargés. On laisse désormais les taches de rêve parcourir nos rues, les passants vont à travers sans s’en rendre compte.

Cette année, on a même fait bâtir un grand bassin en plein centre de la ville pour produire jour et nuit ces taches de rêve jadis proscrites. Ce sont les artistes de la ville qui ont convaincu les décideurs de la mairie d’autoriser l’installation d’un tel bassin : ils leur ont présenté un projet d’art en mouvement dans nos rues, ils leur ont même fait croire que les taches de rêve étaient bonnes pour le commerce, qu’elles mettaient les passants dans une disposition rêveuse favorable à la consommation.

L’art était jadis violent, dirent en souriant les décideurs de la mairie aux artistes de la ville, nous en avions même peur, mais votre projet d’un tel bassin au cœur de la ville nous convient, car l’art que représentent désormais les taches de rêve est chose pacifique et s’adapte merveilleusement à nos idéaux de civilisation.

© Laurent Margantin _ 11 août 2011

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