Éditions Œuvres ouvertes

Julien Gracq, par Maurice Nadeau

extrait de : Le roman français depuis la guerre (1963)

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Julien Gracq est un écrivain appliqué, cérémonieux, volontiers solennel. Il est amoureux de la belle prose, drapée, hiératique, fortement évocatoire. Il mise tout sur la phrase et le mot. Voilà qui, déjà, a pu plaire à André Breton, lui-même prosateur fort surveillé. Il a été sensible, en outre, au pouvoir que possède Gracq de nous plonger par une sorte d’hypnose dans un climat romantique exacerbé. L’auteur du Château d’Argol et d’Un beau ténébreux a emprunté aux romantiques français, davantage aux romantiques allemands, tout l’arsenal de terreur et de mystère : vieux châteaux forts, forêts mystérieuses, apparitions nocturnes, amours contrariées et fatales, goût pour l’aventure dangereuse qui réclame un engagement à corps ou coeur perdus, désir d’évasion hors des limites terrestres, soif d’inconnu. Sous l’apparente glace des phrases bouillonne un monde de désirs, de rêves, d’incantations plus ou moins infernales. L’homme est tiré de son univers coutumier, mis en rapport avec un au-delà pagano-mystique où il croit trouver sa vraie place.

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