Éditions Œuvres ouvertes

Au cas où je devrais prochainement mourir

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Au cas où je devrais prochainement mourir ou être tout à fait incapable de vivre – cette possibilité est grande, vu que j’ai beaucoup craché de sang ces deux dernières nuits – je me permets de dire que je me suis déchiré moi-même. Si mon père avait jadis coutume de dire sous la forme de menaces sauvages mais vides : Je te déchirerai comme un poisson – en vérité il ne me touchait même pas du doigt –, cette menace se réalise à présent indépendamment de lui. Dans un conflit insoluble, le monde – F n’en est que son représentant – et mon moi déchirent mon corps.

Première mise en ligne le 15 décembre 2012

© Franz Kafka _ 12 octobre 2013

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