Éditions Œuvres ouvertes

Je n’éprouve ni rejet personnel ni même de peur à l’égard des serpents

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Je n’éprouve ni rejet personnel ni même de peur à l’égard des serpents. Ce n’est qu’avec le recul que la peur me saisit. Peut-être est-ce compréhensible dans la situation qui est la mienne. D’abord, alors qu’il n’y a aucun serpent dans toute la ville, excepté dans des collections ou des boutiques, ma chambre en est pleine. Cela a commencé un soir, quand je me suis assis à ma table pour écrire une lettre. Je n’ai pas d’encrier et me sers d’une bouteille d’encre. Et c’est juste au moment où je voulais y plonger ma plume que je vis la tête mince et plate d’un serpent se dresser hors du goulot. Son corps est logé dans la bouteille et disparaît dans l’encre fortement agitée. C’était très étrange, mais je cessai aussitôt de m’étonner à la pensée qu’il pouvait s’agir d’un serpent venimeux, ce qui était fort probable, car sa façon de darder sa langue était suspecte et une étoile tricolore menaçante

Première mise en ligne le 16 janvier 2012

© Franz Kafka _ 7 mai 2014

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