Œuvres ouvertes

Ecrire au monde entier, sur un toit

...

Cela fait plusieurs fois que je le vois grimper sur le toit de cette maison - ici on dit case - en face de chez moi. L’après-midi, il fait en ce moment entre trente cinq et quarante degrés, et là, il venait de pleuvoir. Le mur de chaleur humide m’empêchait, moi, de m’asseoir sur la terrasse. Il s’installe à chaque fois sur le toit, assis sur une chaise et l’ordinateur sur les genoux. La circulation du boulevard derrière lui - assez dense à cette heure-ci - ne semble pas le troubler, il écrit. Peut-être vient-il tout simplement là parce que la connexion internet est meilleure, je n’en sais rien.

Avec mon petit appareil photo, je peux tout juste prendre cette image floue, qui donne une idée de ce qui, ici, me laisse rêveur. "Finalement, c’est peut-être là la vraie "solitude de l’écrivain", m’écrivait hier Christine Jeanney (j’espère que cela ne la gênera pas que je reprenne ici), de ne pas avoir la place de dire qu’on écrit parce que c’est trop fatigant les bêtises qu’on va entendre, et du coup, d’avancer masqué dans la vie quotidienne".

Je ne sais évidemment pas ce qu’il écrit, le jeune homme à son ordinateur, en pleine chaleur de la saison cyclonique. Il le fait en tout cas à la vue de tous. Mais qui le voit, sur son toit, connecté avec les amis, à la fois ouvert au monde et perdu dans le sien ? Visible et invisible à la fois, seul et juste à côté de la foule...

© Laurent Margantin _ 19 janvier 2012

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