Œuvres ouvertes

La Main de sable : adieu

La montée jusqu’au virage puis dans le virage le regard vers le bas, les deux silhouettes – et c’ était l’adieu. Pas l’au revoir mais l’ adieu, comme si là, dans ce mouvement brusque de la voiture dans le tournant, juste avant que les silhouettes disparaissent une fois passé le coin formé de haies, une fois passé aux champs qui tranchaient avec la courbe ascendante au milieu du hameau plus bas, comme si dans ce mouvement brusque et même brutal se jouait l’adieu, l’adieu à venir mais répété là, dans la (...)

La montée jusqu’au virage puis dans le virage le regard vers le bas, les deux silhouettes – et c’ était l’adieu. Pas l’au revoir mais l’ adieu, comme si là, dans ce mouvement brusque de la voiture dans le tournant, juste avant que les silhouettes disparaissent une fois passé le coin formé de haies, une fois passé aux champs qui tranchaient avec la courbe ascendante au milieu du hameau plus bas, comme si dans ce mouvement brusque et même brutal se jouait l’adieu, l’adieu à venir mais répété là, dans la soudaine violence du moteur confronté à la pente, la voiture tout à coup déportée vers la gauche, alors qu’ avant de jeter un dernier regard sur les silhouettes aux bras dressés il observait si dans l’ espace dessiné par la courbe les herbes avaient été coupées ou si elles se dressaient, sauvages, au point de l’ empêcher la seconde suivante de voir les deux corps miniatures tout en bas, adieu, adieu, adieu.

© Laurent Margantin _ 1er décembre 2009

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)