Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Le total des dettes dans l’immobilier est de plus de 12 000 milliards de dollars. Leur PIB ! Ils sont morts, alors ?!

Le 22 novembre, quarante-quatrième chapitre de 2006

Mercredi 22 novembre 2006
Je regarde cette journée au travers d’une fenêtre : la revue de presse de ContreInfo.
Attiré vers ce site par son titre et son sous-titre : « les informations absentes des prompteurs de JT ».
Pratiquement que des informations de sources officielles : agences, grands journaux ; des blogs de businessmen. Pourtant absentes, pas mises en avant, pas rapprochées.
Ne manque que cela : rapprocher ; c’est cela qui est explosif.
Mon journal, cru intime, cru rebelle, tenu vif à l’écran, sans les lenteurs et transitions du stylo sur le papier, affolé, furieux, le voir officiel.
Revue de presse du 21 novembre, hier :
– L’OTAN au Kurdistan
– Israël reconnaît l’usage des bombes à fragmentation
– L’Irak pire que le Vietnam après l’offensive du Têt
– Kofi Annan : Les États-Unis sont piégés en Irak
– Novembre, mois le plus meurtrier en Irak
– L’Irak en état de guerre
– Sondage : Les Irakiens veulent le départ des Américains
– Irak : 700 morts en 8 jours
– Louise Arbour : Violations intolérables des droits de l’homme à Gaza
Asian Times : Crash immobilier aux États-Unis
– Immobilier US : Accroissement record des défaillances de remboursement
– Le Chaos irakien.

L’OTAN au Kurdistan ?


D’anciens membres de l’administration US suggèrent de déployer des troupes de l’OTAN au Kurdistan irakien pour prévenir une intervention turque.


Tiens ! C’est comme ça que les États-Unis traitent leurs alliés turcs ?
Mais les Turcs ont bombardé en juin les positions du PKK, et menacé d’intervenir en Irak, en représailles aux opérations kurdes sur leur territoire.
Panique. Ils ne savent quoi imaginer pour sortir des contradictions locales qu’ils ont déclenchées : mettre de l’huile sur le feu, peut-être ?

Martin Sieff, UPI, compare l’offensive du Têt de 1968 (le Viêt-Cong avait perdu militairement mais convaincu les États-Unis qu’ils ne gagneraient jamais la guerre et donc qu’elle était perdue) avec la situation à Bagdad : les milices chiites n’y sont même pas affaiblies.
Cette comparaison avec le Vietnam revient constamment dans cette guerre. Parce que Vietnam est synonyme de défaite mais aussi parce que ce retrait d’Asie marquait l’échec de la stratégie d’affaiblissement de la Chine : pour que l’Empire soit fort, il faut que ses rivaux soient faibles (et tous ses rivaux sont ses ennemis, et tout ennemi doit être anéanti ou, clémence de tout-puissant, « contenu ») ; ceci vaut pour tout empire. La Chine n’étant pas affaiblie il lui restait à passer à la puissance. Cette conquête de la puissance future fut ce qui agita ce pays, on n’y vit, nous, que du feu, celui de Grrande Rrrévolution culturelle dite prolétarienne, trente millions de morts au bas mot, suivie d’un bon coup de barre à droite, toute cette force de travail esclavagisée et toute cette intelligence ramenée à la myopie narcissique de l’intellectuel émerveillé par ses talents et qui croit ne devoir sa position qu’à lui-même, tout cela assemblé devait donner du développement, de la force nationale, de l’argent pour ceux qui font travailler les autres, de l’argent, de l’argent. Le chat attrapa les souris juste après, donc, que l’Oncle Sam se fut enfui honteusement de Saïgon et c’est ainsi que Vietnam est devenu synonyme de Promesse-de-fin-d’Empire.

Irak, obsession, comme goutte d’eau qui tombe sur crâne : Associated Press annonce plus de 1 300 morts pour les vingt premiers jours de novembre, le nombre le plus grand depuis qu’ils tiennent cette statistique, avril 2005...
L’autre chiffre qui dit la même chose et bien d’autres : 714 morts en huit jours.
Dans les attaques contre l’occupant mais aussi et surtout, disent-ils, dans les conflits entre chiites et sunnites.

Asian Times : Crash immobilier aux États-Unis.
Les États-Unis vont connaître l’éclatement de la plus grosse bulle immobilière ayant jamais existé.
Les chiffres. Je lis : « Hundreds of billions of dollars in household access to cash and debt from refinancing, equity extraction, home equity lines of credit and house flipping will dry up. »
Billion = milliard. Des centaines de milliards de dollars ?
Quel était le PIB des États-Unis l’année dernière ? À peu près 12 000 milliards de dollars.
Des centaines de milliards de dollars en accession à la propriété, accès au cash (on convertit directement en liquide la valeur de revente future de sa maison)… vont s’assécher.


A look through the Federal Reserve’s Flow of Funds Accounts of the United States, or Z1, released in September 19, is a traumatic experience.


En 1999, le total des dettes dans l’immobilier était de $6.4 trillions.
À la fin du second trimestre 2006, $12.3 trillion.
Trillion ?
Trillion = mille milliards (1 000 000 000 000), un million de millions.
Plus de 12 000 milliards de dollars.
Leur PIB ! Leur produit intérieur brut : tout ce qu’ils produisent.
Ce qu’ils produisent égale ce qu’ils doivent. Positif multiplié par négatif égale zéro. Ils sont morts, alors ?!

Immobilier US : Accroissement record des défaillances de remboursement.
Courant octobre, 115 568 propriétés (à l’échelle du pays) sont à une étape ou une autre de la foreclosure (saisie : huissier, serrurier et commissaire de police viennent saisir le bien et vous, vous êtes sur le trottoir avec vos matelas et votre famille), chiffre en augmentation de 45% depuis un an.
Un site de « business » comme son nom l’indique. Ils se parlent entre eux. Là qu’il faut aller.

Royaume-Uni : scénario catastrophe, mais plausible.
Article dans le vénérable Times de Londres : l’Autorité des services financiers (FSA, Financial Services Authority) recommande aux banques d’étudier un scénario de crash des valeurs immobilières (baisse des prix : moins 40% !) et de défaut massif des emprunteurs.
Les banques devraient examiner sérieusement l’impact de ces baisses de valeurs et de ces baisses de rentrées (les braves propriétaires à crédit ne remboursent plus rien, toutes les prévisions de revenus de la banque sont fausses et doivent être revues à la baisse).
Commentaire de ContreInfo :


La course à la hausse des valeurs immobilières est terminée. Les ménages américains surendettés vont devoir faire face à l’augmentation de leurs remboursements à taux variables pour des biens trop cher payés et désormais invendables.
La machine à billets créée par les emprunts adossés sur les hypothèques de biens à la valeur sans cesse croissante, est en train de s’arrêter, entraînant du même coup la fin de la consommation à crédit qui tenait l’économie US sous perfusion.


Comment se fait-il qu’en lisant : « En 1991 le Japon a connu l’éclatement d’une bulle de même nature. Il a fallu quinze ans au pays pour sortir de la crise que ce crash avait provoquée » (suite du commentaire du rédacteur de ContreInfo), je lise « Pearl Harbour » - vision d’une flotte majestueuse s’enfonçant dans la mer dans les flammes ? Toutes ces gigantesques villas comme des bateaux avec piscine, avec palmiers, avec acteurs se regardant tourner sur eux-mêmes, disant des conneries d’un air compassé, s’enfonçant, masques de cire impassibles dans des flots qu’ils ignorent.


Chapitre précédent : Chroniqueuse des lâchetés
Chapitre suivant : Bombardement de mots
Lire la présentation et revenir au sommaire.

© Laurent Grisel _ 7 juin 2012

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)