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Oeuvres Ouvertes : La décroyance gagne

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

La décroyance gagne

Du 11 au 17 décembre, quarante-septième chapitre de 2006

Lundi 11 décembre 2006
Retrouvé l’exercice d’anticipation de Franck Biancheri (LEAP), « Europe 2009. Quand les petits-fils d’Hitler, de Pétain, de Franco et de Mussolini prendront le pouvoir dans l’Union européenne ».
Ce scénario a été écrit en 1998, en pleine période de vertu antifasciste.
Scénario en neuf points :
Un. « En juin 2009, les partis antidémocratiques et xénophobes atteindront des scores de 20% à 30% minimum dans 7 États-Membres sur 15. »
Deux. D’où groupe parlementaire du Parlement européen, le plus important et influences sur les politiques nationales.
Trois. « [...] graves turbulences économiques, politiques et sociales ayant affecté le tissu économique, social et culturel de l’UE suite à l’introduction de l’Euro », qui renforceront le poids de ces forces d’extrême droite (mon expression, Franck Biancheri l’évite, là sans doute une analyse et des raisons mais je ne les devine pas).
Quatre. Pas de réforme de la machine bureaucratique du système européen « dont les décisions restent essentiellement dans les mains d’une dizaine de milliers de personnes », système qui n’a plus de « crédibilité publique ».
Cinq. « Les élections de 2009 voient donc s’affronter sur l’ensemble de l’Union des forces exigeant une refonte complète du système communautaire incluant une suppression des privilèges dont bénéficient les institutions communautaires. Les démocrates (opposés au caractère bureaucratique pris par le projet européen), les libéraux (opposés à son aspect administré), les socialistes (opposés aux conséquences sociales de la mise en place de l’Euroland), les nationalistes (opposés aux chocs économiques et culturels post-Euro qui ont placé des États et régions sous la tutelle politique de l’UE et économique d’autres régions/États) se retrouvent pour attaquer le système en place. »
Six. Les héritiers du fascisme veulent bien soutenir le système bureaucratique attaqué mais à leurs conditions : « Europe fermée, définie sur des bases religieuses et raciales, développant des politiques de voisinage fondées sur la puissance et l’exploitation des plus faibles, et affirmant sa capacité à ramener l’ordre dans une UE en proie aux soubresauts post-Euro, notamment en s’appuyant sur l’appareil administratif existant. »
Sept. La bureaucratie européenne se drape dans sa dignité européenne et décide qu’elle seule sait ce qui est bon pour l’Europe.
Huit. Elle « décide donc de s’orienter vers une stratégie de partenariat avec les forces antidémocratiques et xénophobes et signe le Pacte avec le Diable (persuadé qu’elle pourra ensuite se débarrasser de cet allié de circonstances) ».
Neuf. « Juillet 2009 : Les arrière-petits-fils d’Hitler, Franco, Mussolini et Pétain prennent le contrôle de l’Union européenne avec la complicité de l’appareil bureaucratique de l’UE. »
Une chose au moins se vérifie aujourd’hui, la montée de l’extrême droite partout.


Jeudi 14 décembre 2006
Retour au blogue de Barbara Ehrenreich, « Wretchedness and Excess », Misère et Excès.
C’est Noël. Les employés de Goldman Sachs vont toucher des bonus, en moyenne 600 000 dollars US par tête, jusqu’à 100 millions pour les plus chanceux.
Il y a aussi des primes en nature : cigares roulés à la main, précise la chroniqueuse, « signature cocktail », autrement dit des produits de manufacture auxquels on a ajouté une touche artisanale, retouche en petit nombre et ce petit nombre affiché, dispendieux comme de juste pour respecter le « signal prix », tout ce qu’il faut pour faire croire au récipiendaire qu’il est lui-même un objet unique et de valeur extraordinaire.
De toute évidence la corruption par l’argent ne suffit pas, faut la flatterie.
Quand les maîtres flagornent leurs employés, ces derniers ne sont plus que des cadavres. N’ont plus d’existence propre. Instruments de mort, buvant à leur propre santé, riant de leurs connivences, fortunes édifiées sur millions de vies ruinées, déjà morts eux-mêmes.
Elle n’écrit pas cela bien sûr, c’est moi.
Ce qui m’ennuie avec ces excès, dit-elle, c’est que pour la plupart d’entre nous Noël est synonyme de dettes. Surtout depuis qu’environ 115 millions d’Américains vivent sur leur carte de crédit au mois le mois – font de la cavalerie.
Il paraît que le taux du crédit, sur ces cartes, peut aller jusqu’à 30 ou 40 pour 100.
Des taux usuraires !
Il n’y a pas de taux maximum légal dans ce pays ?
À cause de la liberté ?
Elle conclut : la bonne nouvelle c’est que votre dette peut être vendue à d’autres capitalistes, et que le produit de ces ventes les enrichit, et leur fournit l’argent avec lequel ils sablent le champagne.
C’est expliquer simplement la titrisation. Mais c’est oublier de rappeler qu’elle ne marche pour autant que les pauvres se serrent la ceinture pour rembourser ; qu’ils croient à la dette, au devoir de rembourser.
Commentaires très nombreux après l’article, haute colonne de pleurs. Misère, misère. Beaucoup expliquent qu’ils font et qu’il faut faire grève de la consommation. Un qu’il refuse de rembourser, 30 pour 100 est un taux de voleurs.
Le système n’arrête pas de jeter des personnes dans le refus et le hors-jeu.
La décroyance gagne.
Pragmatiquement, on ne se bat pas, l’interdit des luttes ouvrières unies joue à plein, en revanche le « autrement » est à portée de main. Ressemblant tant à misère forcée.
Le système s’effondrera par surnombre de hors-jeu.
Pas une insurrection, un effondrement.


Vendredi 15 décembre 2006
Téléchargé le bulletin GEAB n°10 des chroniqueurs de la crise en cours et à venir à 19h45. J’y passe la soirée et ce résumé.
« […] passage durable du taux de change Euro / dollar US au-dessus des 1,30 », le « mur du dollar », pas seulement une analogie, ça a l’air de marcher.
Ils en tirent quatre pronostics :
• renouveau des guerres commerciales et du protectionnisme aux États-Unis, notamment contre la Chine qui soutient le dollar et qui peut le lâcher, qui est fortement exportatrice, épisodes qui prouveront la dépendance des États-Unis à l’égard de la Chine, le paysage international, la perception de « qui est puissant, qui ne l’est pas » va donc complètement changer, bascule d’Est en Ouest ;
• la chute du dollar va continuer ce qui va provoquer des changements de position dans les taux de change – mais là j’ai du mal à suivre les enchaînements de causes et conséquences, il va falloir que j’étudie un peu si je veux saisir ce qui m’échappe – une bonne part de mon anxiété et de mon excitation en ce moment vient de ce que je suis en colère contre tout ce coton que je ne comprends pas et contre ces vapeurs qui aveuglent, étouffent, ça je le saisis mais quand même j’ai du mal à avancer – faudra s’y mettre ;
• le secteur financier va souffrir, beaucoup de banques feront faillite ;
• le dollar sera de moins en moins la monnaie de transaction sur les marchés de l’énergie, d’autres monnaies seront utilisées, ce qui affaiblira le dollar, etc.
Leur résumé de l’épisode précédent :


La phase d’accélération, qui s’est terminée comme prévue en novembre 2006 avec le passage de la barre du taux Euro / dollar US à 1,30, [et où] progressivement l’ensemble des acteurs ont pris conscience de l’ampleur des bouleversements en cours, est désormais close puisque la grande majorité des opinions publiques mondiales a désormais intégré intellectuellement la faiblesse structurelle du Dollar, le rôle international croissant de l’Euro, l’éclatement de la bulle immobilière américaine, le maintien durable du cours du pétrole au-dessus d’un minimum de 60$ le baril, l’échec militaire et politique américain en Irak, la crise de l’OTAN sur fond d’impasse afghane, le grand retour de la Russie et l’importance croissante de la Chine sur la scène internationale.


Affirmer « la grande majorité des opinions publiques mondiales a désormais intégré intellectuellement... », ça me paraît culotté. Aux États-Unis, presque vrai, mais ailleurs ? Pas en France aujourd’hui en tout cas.
Ils appellent « phase d’impact » la période pendant laquelle « l’ancien système s’effondre pendant qu’un système neuf est en train d’émerger ». Ça devrait prendre quelques années quand même. Et quelles douleurs ?
Plus précisément, ce qu’ils appellent guerre commerciale repose sur plusieurs prévisions :
• que le Congrès américain cherchera à défendre les emplois US – mais ne sous-estiment-ils pas le mouvement historique de désindustrialisation – lequel n’aurait pu se produire sans de profondes mesures d’anesthésie, et de corruption des esprits et des politiques pour obtenir les mesures favorables, etc. - le commerce qui aime faire venir des conteneurs de Chine et qui augmente ses marges par la différence de prix entre le travail d’esclaves là-bas et le prix de vente « discount » ici – ce qui a existé, cette ardeur à désindustrialiser, cela ne va-t-il pas persister et vouloir durer – ces pouvoirs, féroces, tout de même, ne vont pas passer la main tout seuls comme de braves toutous ;
• que l’Asie va s’unifier autour de la Chine contre les États-Unis – « la Chine est très largement en mesure de sanctionner fortement les États-Unis et va démontrer qu’elle est capable d’organiser une réponse asiatique collective, ouvrant ainsi le premier grand conflit économique et commercial transpacifique » – mais n’est-ce pas de l’économisme pur sucre ? – la politique ne suit pas l’économie si vite ni si fidèlement – de nombreux liens entre ces deux dimensions, multiplement liées, mais avec des élastiques, des ressorts, quantités de nœuds – toutes les fiertés nationales – ils ont raison mais ça prendra plusieurs années, en 2007 on en verra des commencements peut-être.
La Chine a commencé de diversifier ses réserves, selon China in transition, une rubrique du Research Institute of Economy, Trade and Industry japonais. Le dollar en effet abandonné peu à peu. Il faut chercher loin pour trouver ça, rien au journal de 20h00. Rien à gauche pour déterrer l’information, la mettre en contexte, la publier, finalement faire la une de l’ensemble de la presse. C’est à nous de faire l’agenda. Sinon, et c’est ce qui se passe en ce moment même, nous sommes menés par le bout du nez. Le monde change tout le temps sans nous.
Une explication lumineuse : « La politique déclarée des États-Unis visant à obliger Pékin à revaloriser le Yuan (qui a déjà augmenté de 5% par rapport au Dollar en deux ans) n’a pas de fondement rationnel. [Du fait de leur désindustrialisation] les États-Unis ne peuvent pas substituer leur propre production aux importations chinoises. Une hausse de 10% de la monnaie chinoise ne changerait pas grand-chose à leur compétitivité et en revanche accroîtrait l’inflation aux États-Unis en renchérissant tout simplement les produits de consommation courante : Wal-Mart augmenterait ses prix de 10% » (p. 8). Mais du coup je ne comprends pas pourquoi les États-Unis exigent cette revalorisation, ou s’ils font semblant pourquoi, etc.
D’où prévision d’« une confrontation majeure » Chine / États-Unis « dès le début 2007 » (p. 8) ; je n’y crois pas, je crois qu’ils sous-estiment tous les mécanismes économiques et psychologiques qui ont intérêt à la désindustrialisation, et je pense aussi qu’ils (les analystes du GEAB) raisonnent en termes d’intérêt national ce qui n’est absolument pas le cas des businessmen états-uniens.
Crise financière, leur résumé (p. 11) :


Le secteur financier mondial va entrer dans un processus de crise profonde via toute une série de facteurs dont la fin 2006 démontre déjà l’importance, à savoir : l’effondrement de la valeur des actifs libellés en Dollars US, la monétisation de la dette US, la dégradation rapide du bilan des banques aux États-Unis et dans une partie de l’UE sur fond de faiblesse des réserves des banques, de rapide dégradation des prêts immobiliers [ici leur note 13] et de récession de l’économie américaine.


La note 13, sur la rapide dégradation des prêts immobiliers. Source : « Mortgages delinquencies : a rising threat » (Les non-remboursements de prêts immobiliers, une menace croissante), AP/Yahoo, 11/12/2006. Une dépêche Associated Press reprise sur Yahoo. Rien que de très courant. Rien de secret. Du moins pour les lecteurs des États-Unis qui lisent les dépêches. Pour les très nombreux abonnés à Yahoo, une puissance aux États-Unis, qui ouvrent leur navigateur chaque matin et parmi eux ceux qui regardent les nouvelles de l’économie ; beaucoup de monde finalement. Un très grand nombre qui en tire des conséquences, mais lesquelles ? Aucune ou le désespoir, s’ils ont le sentiment d’être coincés, bientôt la ruine, ou la colère contre leur gouvernement aux mains des banquiers, etc. Quel contraste avec la tête dans l’édredon de ce côté-ci de l’Atlantique.
Cette question des prêts immobiliers angoissante.
Deux institutions (publiques ? semi-publiques ? je croyais que cette économie était entièrement privatisée ? je ne sais rien), Fanny Mae et Freddy Mac - dont ils avaient déjà parlé en octobre quand ils avaient décrit la fausse prospérité à base de dettes dans l’immobilier - représentent plus de la moitié des prêts immobiliers. Depuis 2004 Fanny Mae ne publie plus de rapports trimestriels ! Cela fait donc deux ans au moins qu’ils sont avertis que quelque chose de grave est en train de se passer.
Si cette crise devient gigantesque, historique, il y aura des batailles pour en dater le début. Je suppose que les représentants des intérêts de Fanny Mae ne voudront pas qu’on choisisse comme date le jour de l’année 2004 où leur rapport trimestriel aurait dû paraître et a produit un petit glop de silence dans le vacarme des actualités des crimes, des sports, des poitrines et des enfants des vedettes, etc.


Il y a moins d’un mois, Kevin M. Warsh, gouverneur de la Réserve fédérale de New York, a dénoncé [la note 20 précise : « le 21 novembre dernier », mais ce jour je n’ai rien vu dans les journaux ni même par mes fouilles] le risque de crise systémique que faisaient peser Fanny Mae et Freddy Mac sur le marché des prêts immobiliers américain (p. 12).


« Risque de crise systémique », ce sont eux qui le disent. Pas un gauchiste aux yeux exorbités : un gouverneur de la Réserve fédérale.
Alors, que fait-on ? Dans le même paragraphe, juste après :


[…] depuis plusieurs mois, les investisseurs étrangers, notamment asiatiques qui se sont détournés des bons du Trésor US, ont massivement acheté les titres de Fanny Mae et Freddy Mac.


Est-ce que les investisseurs (traduire : les spéculateurs) ne lisent pas les rapports des autorités ? Est-ce qu’ils s’autorisent ces achats massifs parce qu’ils savent que les autorités (pas celles qui dénoncent, celles qui décident et agissent) vont faire traîner la plaisanterie et qu’ils ont le temps de valser, de spéculer en passant d’un titre de créance à un autre ?
La conclusion est énorme :


JPMorgan/Chase ou CityBank ou Bank of America, sont en fait dans une situation de faillite assurée en cas de crise importante puisque les contreparties à leurs engagements sont pratiquement inexistantes (p. 12).


Faillite assurée en cas de crise importante.
En illustration, page suivante, une figure 9, un graphique produit par le département du Trésor (le ministère des Finances) qui montre les engagements de sept banques sur le marché des produits dérivés (qu’est-ce que c’est, de la spéculation je devine mais plus précisément quoi ?) - en face de leurs contreparties (je suppose, s’ils doivent rembourser ce qu’ils ont emprunté, ont-ils de quoi payer ?) - les engagements sont vertigineux, Bank of America environ 18 trillions de dollars, en face pratiquement rien, d’ailleurs aucune banque quel que soit son niveau d’endettement n’a de contrepartie, on s’endette joyeusement dans ce pays – ensuite City Bank peut-être un trillion de plus et le pompon pour JP Morgan Chase, environ 45 trillions de dollars.
Qu’est-ce qu’un trillion de dollar ? Un millier de milliards. 45 000 milliards. Ces trois banques ensemble environ 82 000 milliards. Rappel : le PIB des États-Unis, en 2005, était d’environ 12 000 milliards. Je me demande si je comprends. Je dois me tromper. Je ne sais plus ce qui est réel, mirage, imposture, révélation, vérité.


Samedi 16 décembre 2006
Leur pays, les États-Unis, s’écroule dans la ruine. C’est le moment ou jamais de dépenser encore plus d’argent, de vies, de talents.
3 500 soldats de la deuxième brigade aéroportée (des parachutistes) sont attendus au Koweit, ils rejoindront bientôt leurs camarades encasernés en Irak.
Le président George W. Bush hésite : en faut-il 20 000 en plus ? Ou plus de 50 000 ?
Parce qu’il faut gagner, dit-il. Qu’on puisse perdre encore plus tragiquement ne l’effleure pas.
Le mot employé est surge : flux, montée des flots, vague puissante. Connotations sexuelles, je trouve, pulsionnelles.
Selon le site Space War (guerre de l’espace ou espace de la guerre ? Sous-titre : « your world at war », votre monde en guerre), la bonne stratégie pour gagner en Irak serait d’inclure l’Iran dans l’équation – de faire la guerre à l’Iran. Écrit par Arnaud de Borchgrave [« Watching America »], stratège de papier de UPI (agence de presse, United Press Information).
Bush fils se voit comme un Churchill, seul contre tous ses alliés ramollis, faisant face à l’axe du mal. « Reinforcing President Bush’s gut feeling… » – gut feeling – mal traduit par « conviction intime », gut, ce sont les tripes – alors, « conviction tripale » – euh… « son instinct » ? le sens involontaire, non réfléchi, physiologique, de « instinct » est presque perdu dans notre sentiment de langue aujourd’hui. « Renforçant sa conviction de tripes et d’instinct, Bush fils a reçu un rapport du général Chuck Wald, depuis peu à la retraite du commandement US en Europe et de Chuck Vollmer, président de la société VII Inc. qui travaille pour le Pentagone. Selon eux, il ne faut surtout pas se retirer de la région ; de l’Irak, peut-être, mais à condition d’affaiblir l’Iran car le danger c’est l’axe Iran-Russie-Chine, très dangereux en raison de la dépendance énergétique de l’Occident. »
Commentaire de ContreInfo :


La question irakienne se transforme peu à peu en test de la toute-puissance occidentale revendiquée sur les affaires du monde.
La rébellion irakienne, Ahmadinejad, Nasrallah, le Hamas sont la preuve vivante qu’il est possible de résister – voire de vaincre – contre les États-Unis et leurs alliés.
[…]
La Chine est devenue le concurrent principal de l’Ouest, et privilégie la sécurisation de son accès aux matières premières. Et la Russie jadis exsangue est redevenue une nation autonome développant une politique de troisième force entre le géant chinois et l’Occident, avec une politique très active en direction de l’Est, matérialisée par l’Organisation de coopération de Shangai.
Au centre de ce nouvel équilibre en devenir dont l’assiette n’est pas encore connue, se trouvent l’Iran et sa volonté d’indépendance souveraine cristallisée sur la question du nucléaire.
C’est autour de cette nation et du conflit qui s’annonce que va se jouer la redéfinition des relations internationales, et la nouvelle balance des forces.
Cependant, la clé de cette confrontation ne se trouve ni à Washington, ni à l’ONU, ni à Bruxelles, mais bien à Jérusalem. C’est d’Israël que dépend l’issue militaire ou négociée qui conclura la phase terriblement dangereuse que nous traversons.
Le refus annoncé par Israël de tout accès de l’Iran au nucléaire civil ne peut que nous rendre extrêmement pessimiste sur l’évolution de cette crise.



Dimanche 17 décembre 2006
Les Enfants de Don Quichotte installent une centaine de petites tentes rouges et noires le long du canal Saint-Martin de Paris, sur les toiles les lettres SDF sont peintes en blanc.
Un geste artistique. Une action sur l’attention.
J’y vois un résumé de la lutte politique actuelle ; d’un côté, les puissants font tout pour détourner l’attention des problèmes qu’ils veulent continuer de garder pour eux – et nous tous on se laisse faire, on préfère ne pas savoir ; de l’autre côté quelques forces, quelques curieux qui crient dans leur coin pour se faire entendre, quelques officiels, des professionnels le nez sur les chiffres qui hurlent sourdement et qui font des rapports officiels, dignes, d’un bon gris académique et que personne sinon les curieux ne lit – alors que les ouvriers, les paysans, les ingénieurs, les professionnels balayés, les engloutis dans leurs dettes qui ne peuvent plus rembourser, tout un peuple, chacun dans son coin, et aucun d’entre eux semble-t-il connecté aux curieux, réciproquement les curieux focalisés sur leurs chiffres – peuple sachant de source directe, par sa peau et ses sens, que le monde ne va pas comme on dit et qui tient la férule et qui frappe.


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© Laurent Grisel _ 18 juin 2012

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