Œuvres ouvertes

Journal de Bayerisch Gmain (10)

...

Quand R et son mari ont acheté le terrain et fait bâtir la maison il n’y avait que les prés et la montagne en face. Les enfants pouvaient jouer, courir librement, ils étaient en contact permanent avec cet espace devant eux. Puis au bout de quelques années la municipalité vendit le terrain juste en face et accorda un permis de construire à cette société privée qui fit bâtir une maison de retraite, et en l’espace de quelques mois le paysage disparut, fut remplacé par ce bâtiment imposant qui accueillait des personnes âgées, dont quelques-unes étaient démentes et se mettaient à hurler en pleine nuit, à courir dehors à moitié nues, échappant à l’attention du personnel de la maison de retraite - combien de fois avons-nous dû nous plaindre auprès de la direction pour que cessent ces hurlements nocturnes, raconte R.

Ces hurlements, ces déments à la place de la montagne en face, regrettait R ; ces hurlements, ces déments comme l’annonce de la maladie du père, semblait murmurer R ; ces hurlements, ces déments comme sortis de la montagne elle-même, disait une voix plus intérieure encore.

© Laurent Margantin _ 1er juillet 2012

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)