Œuvres ouvertes

Ecouter les questions que nous nous posons lorsque nous lisons

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Quelques frictions sur et à propos de Twitter ne m’empêchent pas de lire régulièrement le blog d’Isabelle Pariente-Butterlin, Aux bords des mondes, lieu de réflexion et d’écriture quotidiennes. Ce matin je suis frappé en lisant ces lignes concluant un billet sur Hobbes, proches de ce que je me disais en lisant Christa Wolf juste avant.


Je demeure persuadée qu’il faut écouter les questions que nous nous posons lorsque nous lisons. Ou même que lire, c’est se poser des questions. Ne rien laisser filer dans la lecture. Accrocher sa pensée aux aspérités d’un auteur, ne rien laisser passer de ce que nous ne comprenons pas pour ne pas obtenir une image lisse d’un auteur mais pour déterminer là où il a pensé quelque chose de radical. Comprendre cette seule affirmation de la pensée comme calcul entraîne dans un aspect radical de la pensée de Hobbes.
Cela oblige même à repenser ce que nous entendons par "question". Qu’est-ce que se poser une question lorsque nous lisons un auteur, sinon l’activité même de l’esprit ?


© Laurent Margantin _ 12 juillet 2012
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Messages

  • Cher Laurent, il se trouve en effet que les frictions sont assez insignifiantes au regard de ce lien entre ce qui nous occupe, vous et moi, dans ces deux billets. J’ai, je vous avoue, été surprise en cliquant sur votre blog et en voyant le bandeau d’aux bords des mondes, j’ai cru avoir par habitude cliqué chez moi ! Que ces mots aient trouvé un écho chez vous me conforte dans la pensée qu’il y a quelque chose de vif pour la pensée, et de vivant. Je constate si souvent qu’il est si important de tenir la dynamique, et il m’a semblé comprendre que les questions sont surtout les moments dynamiques de la pensée, les moments où nous reconnaissons qu’il y a quelque chose à retendre. Comme un corde qu’on ré-accorde.
    Vous voyez que moi aussi, je passe vous lire régulièrement …

    • Et tout à l’heure, en tombant sur les Petits traités de Quignard alors que j’essayais de mettre de l’ordre parmi les livres plus entassés sur les étagères que rangés, ces lignes sur Hobbes (que j’avoue n’avoir pas lu) :

      "Hobbes. Disait que la pensée était hasardeuse, que les délibérations de l’âme sont des artifices. De sorte que les pensées, les souvenirs, les ruminations ne font qu’ajouter leur propre désordre au chaos qui nous précède, et élancent le désordre qui nous entoure"

      Un bel été, Isabelle.

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