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Les Pussy Riot nous enseignent la prière punk

"Marie mère de Dieu, chasse Poutine !", chanté à l’intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou

Les Pussy Riot dénoncent "un procès de type stalinien"

Les trois membres du groupe de rock russe, "Pussy Riot", Nadezhda Tolokonnikova (à gauche), Maria Alyokhina (au centre) et Yekaterina Samutsevich (à droite), le 8 août 2012.

Nadejda Tolokonnikova, l’une des trois membres du groupe de punk rock russe Pussy Riot jugées pour une "prière" anti-Poutine, a dénoncé mercredi 8 août "un procès de type stalinien", dans sa dernière déclaration devant le tribunal Khamovnitcheski de Moscou.

Ce procès ressemble à celui des "troïkas de l’époque de Staline", a déclaré la jeune femme, en allusion aux groupes de trois personnes (troïka) qui à l’époque de la terreur stalinienne condamnait à des années de camp ou même à mort de manière arbitraire et expéditive. "Notre place est en liberté et pas derrière les barreaux", a-t-elle ajouté en estimant qu’"un ordre politique a été donné" pour que soit punies les Pussy Riot qui avaient chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de les "débarrasser de Poutine".

"Les Pussy Riot sont les élèves et les descendants des dissidents", a estimé Nadejda Tolokonnikova en affirmant que "ce procès est celui de tout le système politique" russe.

Trois ans de camp

Le procureur a requis mardi trois ans de camp contre Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, qui se sont, selon lui, "livrées au hooliganisme, motivées par la haine religieuse et l’hostilité aux croyants orthodoxes". Le verdict sera rendu le 17 août.

Le soutien international aux Pussy Riot s’est encore élargi mercredi : dans une lettre à l’ambassadeur de Russie à Berlin, 120 députés de la chambre basse du Parlement allemand (Bundestag), se disent "préoccupés" par la procédure judiciaire visant les Pussy Riot.

Des soutiens mondiaux

De son côté, l’artiste d’avant-garde Yoko Ono, veuve de John Lennon, en a appelé au président Vladimir Poutine pour libérer les jeunes femmes, dans un message sur son compte Twitter.

Selon le quotidien Kommersant de mercredi, le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg a également apporté son soutien aux Pussy Riot, de même que le député travailliste britannique Denis MacShane.

Et mardi soir, lors d’un concert à Moscou, Madonna avait rejoint d’autres stars internationales de la chanson en assurant prier pour la libération des jeunes femmes.

(le Nouvel Observateur, le 8 août 2012)

Première mise en ligne le 8 août 2012

© Laurent Margantin _ 24 septembre 2013

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