Œuvres ouvertes

Maria

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Maria... La première fois, je l’ai croisée en courant d’air, à Paris, dans les années 1970. Je ne l’ai vraiment connue qu’après Le Dernier Tango à Paris... Elle était aux Etats-Unis, je venais d’enregistrer Horses et je partais en tournée. Elle m’a suivie. C’était il y a si longtemps, mais j’ai une vision incroyablement nette d’elle. J’étais happée par sa masse de cheveux et ses yeux bruns, si tristes. Son apparence ressemblait à la mienne : chemise blanche et cravate noire. Elle était abrupte, très sensible aussi. Mais cette chanson n’est pas que sur Maria, c’est l’hymne d’une époque... Nos vies changeaient : je me retrouvais, tout à coup, à chanter devant 600 personnes qui criaient les paroles de mes chansons. C’était magique. Nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait, comme je le chante dans Maria : "Nous ne nous doutions pas de la fragilité de notre "pouvoir" si jeune, du vide qui nous aurait entourées." Nous étions belles, saines, enthousiastes... Nous étions intoxiquées par notre jeunesse.

Extrait de l’interview de Patti Smith dans l’Express

© Laurent Margantin _ 12 août 2012

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