Œuvres ouvertes

Pléiade de Lautréamont : Jean-Jacques Lefrère a encore frappé !

A propos de la Pléiade de Lautréamont vue par Jean-Jacques Lefrère

L’an dernier, Jean-Jacques Lefrère avait donné à la Quinzaine littéraire un long article assassin concernant la nouvelle édition des oeuvres de Rimbaud à la Pléiade. Rebelote ces jours-ci avec une critique de la nouvelle édition de Lautréamont, toujours à la Pléiade. Mais cette fois-ci, la Quinzaine ayant refusé son texte, c’est dans l’Express qu’il est publié sous le titre Peut-on critiquer la Pléiade ?

On avait rendu compte de la polémique concernant le travail d’André Guyaux sur Rimbaud dans un dossier qui lui était consacré. Cette fois-ci, c’est non seulement l’édition de Jean-Luc Steinmetz qui est visée, mais la politique éditoriale de Gallimard elle-même, qui selon Lefrère tendrait à faire de chacune de ces parutions des événements volontiers mis en scène, sans que la qualité de l’appareil de notes par exemple soit réellement analysée par la critique :

Une presse d’une unanimité rare a salué, ces dernières semaines, la mise en librairie de la réédition en Pléiade des oeuvres de Lautréamont, dont l’originale, due au regretté Pierre-Olivier Walzer, remontait à l’année 1970. La lecture de l’oeuvre d’Isidore Ducasse s’est ainsi trouvée recommandée par tous les chroniqueurs, avec des arguments dont la solidité suggérait qu’ils devaient certainement adresser la recommandation à eux-mêmes. La parution du volume a même bénéficié de la solennité du Grand Amphithéâtre du Musée d’Orsay, lequel apparaît désormais comme une sorte de rampe de lancement des titres de cette collection : comme le Rimbaud édité en Pléiade et quelques mois après lui, le Lautréamont concocté par M. Steinmetz s’est trouvé nimbé d’un déluge d’éloges lors d’une présentation ouverte au grand public, lequel a su se montrer courtois et patient sous l’averse. Apparemment, les organisateurs de ces deux manifestations successives avaient dû considérer que les deux annotateurs, pour estimables qu’ils fussent, étaient dotés de personnalités trop falotes, ou insuffisamment charismatiques, pour être autorisés à palabrer seuls devant le micro, car M. Michon avait été commis pour "soutenir" l’annotateur du Rimbaud, tandis qu’à M. Sollers incomba la même mission auprès de M. Steinmetz — une mission remplie en la circonstance avec conscience, et même avec zèle, au point que le malheureux éditeur du Lautréamont s’est vu totalement reléguer au rang de figurant auprès de l’intervenant vedette.

On se réfèrera à la suite de l’article pour découvrir la nature des critiques formulées par Lefrère concernant cette Pléiade de Lautréamont, critiques qui ne vont pas manquer de déclencher une guerre de tranchées au sein du milieu des spécialistes.

Lire ici l’article en question

© Laurent Margantin _ 17 février 2010

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