Retraduire le Journal de Kafka (1)

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Je commence aujourd’hui (18 avril 2013) une nouvelle traduction du Journal de Kafka, traduit initialement par Pierre Klossowski et Marthe Robert. Comme pour mes autres traductions du même auteur, elles seront mises en ligne au fur et à mesure que j’avancerai, et étant donné qu’il s’agit d’un volume de 1000 pages dans l’édition critique que j’utilise, j’en ai pour un petit bout de temps.

J’ai commencé à retraduire des textes de Kafka en novembre 2010. D’abord des récits brefs, puis La Colonie pénitentiaire et Un Artiste de la faim (chantier ici, et voir plus bas pour les éditions numériques ou papier). Mais je conserve intacte la fascination éprouvée à la découverte des cahiers de Kafka, auxquels se rattache le Journal (lui-même traversé par l’écriture de fictions, par exemple le début d’Amérique). Retraduire le Journal, c’est permettre une vision à la fois chronologique et panoramique de l’oeuvre en cours, et il me semble que le web est l’espace de publication (au sens littéral du terme) idéal pour cette expérience d’écriture débutée par Kafka en 1910 et poursuivie jusqu’en 1922, soit deux ans avant sa mort. Le web essentiellement en ce qu’il permet d’inscrire cette expérience dans sa temporalité, et ainsi de ralentir voire de rythmer différemment la lecture.

Rappelons que la traduction initiale est de 1935. D’une indéniable qualité littéraire, mais le français a bougé depuis, et l’édition du Journal en allemand elle aussi. Il est donc temps d’en proposer une nouvelle version. Et puis c’est affaire personnelle au fond : Je ne connais pas d’autre moyen, pour lire Kafka, que de le traduire (c’est bien sûr vrai pour d’autres auteurs). Et ce travail quotidien entre deux langues qui me sont propres (et tout autant étrangères), il s’effectue dans le même souterrain que l’écriture personnelle, impossible de distinguer les deux activités.

Trois précisions à propos de ma traduction :
- Je respecte l’absence de ponctuation chez Kafka (quand il n’y a pas de virgule entre certains mots ou morceaux de phrase, ou pas de point en fin de phrase), ce qui n’est pas le cas chez Robert, qui "corrige" en quelque sorte le texte, quitte à ne pas rendre la vitesse de rédaction.
- J’inclurai les dessins réalisés par Kafka dans les cahiers, dessins qui sont présents dans l’édition allemande.
- Je découvre en traduisant que des éléments du Journal manquent dans la traduction de Marthe Robert (dernière phrase de ce passage et cette simple note apparemment insignifiante, mais qui fait partie de ces "microvisions" qui peuvent, on le sait, surtout chez Kafka, déclencher l’écriture). Omission ou absence de ces éléments dans l’édition originale de l’époque ?

© Laurent Margantin _ 28 avril 2013


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