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Oeuvres Ouvertes : Journal (I,6) : En rêve je priais la danseuse Eduardowa de bien vouloir accepter de danser la czardas encore une fois

Oeuvres Ouvertes

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Journal (I,6) : En rêve je priais la danseuse Eduardowa de bien vouloir accepter de danser la czardas encore une fois

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En rêve je priais la danseuse Eduardowa de bien vouloir accepter de danser la czardas encore une fois. Elle avait une large bande d’ombre ou de lumière à travers le visage, entre le bas du front et le milieu du menton. Quelqu’un est venu juste à ce moment-là en faisant les gestes dégoûtants d’un intrigant qui s’ignore, pour lui dire que le train allait partir. A la manière qu’elle eut d’écouter cette information, j’ai été envahi par la conscience terrible qu’elle ne danserait plus. « Je suis une femme méchante et mauvaise n’est-ce pas ? » dit-elle. Oh non dis-je pas ça et je me suis apprêté à partir dans n’importe quelle direction.


Le 24 mai 1909, Kafka a assisté à une des deux représentations des Ballets russes impériaux de Saint Pétersbourg données à Prague. La danseuse Jewgenja Eduardowa faisait partie de cet ensemble, et elle est évoquée par Wenzel Ritter von Belsky dans son compte-rendu du Prager Tagblatt paru le lendemain (voir l’article plus bas). La danse tzigane d’Eduardowa y est qualifiée d’"apogée du spectacle", et Kafka s’en souviendra encore en janvier 1913 dans une lettre à Felice Bauer : "Il y a un bien un an que je ne suis allé au théâtre et je resterai encore un an sans y aller, mais demain, il y a une représentation des Ballets russes. Je les ai déjà vus une fois, il y a deux ans, et j’en ai rêvé pendant des mois ; je rêvais surtout d’une danseuse absolument déchaînée, une certaine Eduardowa". Et Kafka de regretter qu’elle ne soit pas là cette fois-ci. Dans l’appareil critique de l’édition allemande Fischer, Hans-Gerd Koch indique que Kafka semble se tromper lorsqu’il écrit en 1913 qu’il a vu Eduardowa sur scène deux ans plus tôt, car il n’y a pas eu d’autres représentations de Ballets russes à Prague entre 1909 et 1913. Koch mentionne également un article de Robert Walser intitulé "Sur les Ballets russes" paru en juin 1909 dans la revue Kunst und Künstler, article qu’avait lu Kafka qui admirait l’écrivain suisse. Il y écrit : "Les danses folkloriques et nationales de ces gens venus de l’empire russe sont absolument magnifiques et vous rendent heureux. Ne serait-ce que les costumes. Et puis cette sauvagerie annoblie par la discipline et le rythme. C’est merveilleux, et ici il faut mentionner Edouardowa (sic). Elle personnifie le beau sensuel, et Pawlowa le charme spirituel".


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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 7 juillet 2015

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