Œuvres ouvertes

Journal de Kafka (I,20) : Quand j’y réfléchis, je dois dire qu’à certains égards mon éducation m’a beaucoup nui (2)

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Quand j’y réfléchis, je dois dire qu’à certains égards mon éducation m’a beaucoup nui. Ce reproche s’adresse à une foule de personnes à savoir mes parents, quelques membres de la famille, quelques personnes qui venaient à la maison, divers écrivains, une cuisinière bien précise qui m’a emmené pendant un an à l’école, de nombreux professeurs (que je dois dans mon souvenir fortement comprimer, sinon il m’en échappe un çà et là de les avoir tellement comprimés, l’ensemble se défait à nouveau par endroits) un inspecteur d’école des passants qui marchent lentement bref ce reproche serpente comme un poignard à travers la société. Je ne veux entendre aucune objection à ce reproche, car j’en ai déjà entendu beaucoup trop et comme dans la plupart des objections j’ai été aussi réfuté, j’inclus ces objections dans mon reproche et je déclare à présent que mon éducation et cette réfutation à certains égards m’ont beaucoup nui.


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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 19 mars 2018