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Oeuvres Ouvertes : Souvenirs de ma bibliothèque du futur

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Souvenirs de ma bibliothèque du futur

vases communicants avec Franck Queyraud

Finalement, la bibliothèque avait survécu malgré la grande fragmentation de 2030 quand toutes les données s’étaient évaporées, confisquées par les pirates des biens communs. Le monde s’était réveillé ébahi, perdu, paniqué. Un cataclysme nucléaire n’aurait pas pu être pire. Les pirates avaient revendiqué leur acte et leurs conditions pour réintroduire toutes les données du monde. Le monde avait changé. J’étais un vieillard à présent mais les services de la ville venait me chercher tous les matins pour me conduire à Babelnum : un de mes lieux de sociabilités préférés avec le jardin botanique où je flânais, en général, l’après-midi, lisant sous le ginkgo de ma jeunesse. Babelnum c’était le hub de ma ville pour se connecter à la bibliothèque universelle (Bu), cette utopie de bibliothécaires longtemps rêvée et qui avait miraculeusement jaillie après l’action des pirates des biens communs. Mon travail, modeste, consistait à ajouter, relier ou retirer des métadonnées de la grande base de données. Il n’y avait aucune contrainte, j’aimais faire cela et aidais les jeunes collègues qui m’avaient remplacé au développement de notre BU. Et puis, c’était toujours source de joie de replonger dans les méandres des flux, de ce que nous nommions jadis web. Je faisais de l’archéologie de données, poursuivant la moindre trace, la plus infime bribe, le plus petit fragment. Émotion quand je retrouvais un antique blog, la première forme de libération de la parole qui avait finalement conduit à la grande fragmentation. On aurait bien ri à l’époque en osant le penser ou même l’écrire. On n’y croyait pas. Nous étions devenus cyniques, ironiques, revenus de tout. On était un peu mort. Mais on ne connaissait pas encore les pirates des biens communs.

Silence.


Franck Queyraud est chef de projet Médiations Numériques à Strasbourg. Nous avons eu envie d’échanger autour de la bibliothèque, ayant moi-même eu une petite expérience professionnelle à la BPI du centre Pompidou en tant que vacataire pendant mes études. Texte à lire sur le blog de Franck, Flânerie quotidienne. Merci à lui pour cet accueil.

© Franck Queyraud _ 7 juin 2013

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