Éditions Œuvres ouvertes

"Rimbaud a toujours été vivant, trop vivant, trop seul"

par Joël Vernet

Le voyage, c’est le départ plus que le trajet. Le vrai voyage, c’est l’ennui souvent, la désolation et l’émerveillement. Combien peu d’écrivains ont touché cela : la solitude absolue à l’étranger. Celle de Rimbaud qui n’était plus, au Harar, écrivain, car il n’avait jamais été ni poète ni écrivain tel que nous l’entendons aujourd’hui. Mais homme plutôt, cherchant à voir et à vivre l’humain et l’inhumain en lui, l’homme nouveau, éclatant, révolutionnaire. Rimbaud n’avait pas été avant pour cesser d’être après. Tout du long, en tentative. Rimbaud a toujours été vivant, trop vivant, trop seul. Dévoré de solitude, de fuite, cherchant le métier pour être dans le monde. Un métier mouvant, nomade. On dirait, aujourd’hui, dans l’import-export, le chef d’orchestre du comptoir, dur à la tâche, âpre au gain, et s’en foutant. Rimbaud prenant la fuite, et non l’écrivain sous les ors de la République. Rimbaud, le piéton, le paysan, loin de tout. Ruminant sans relâche, maugréant. Tout en colère et en départ.

Merci à Joël Vernet de m’autoriser à reprendre ce passage d’un texte inédit, intitulé Nous ne voulons pas attendre la mort dans nos maisons.

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