Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /home/oeuvreso/www/config/ecran_securite.php on line 283
Oeuvres Ouvertes : Le Rebours, par Anna Jouy

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Le Rebours, par Anna Jouy

dans le cadre de la web-association des auteurs

Un blog qui m’est devenu familier depuis le début de cette année : mots sous l’aube d’Anna Jouy, "journal poétique". Merci à elle de nous avoir proposé la reprise d’extraits de ce journal sous la forme d’une suite à rebours, et aussi d’avoir accepté de répondre à quelques questions.

- Je sais que vous avez publié initialement sur papier, comment s’est fait pour vous le passage au blog ?

les polars publiés n’ont pas été en effet mis en route sur un blog. ils ont été écrits sur un simple traitement de texte à un moment de ma vie où je ne possédais pas d’ordinateur personnel.

je ne dirais pas que je suis passée du papier au blog car c’est tout le contraire. l’essentiel de mon écriture a toujours été concentré sur le support numérique et non papier. les éditions papier ont été une sorte d’archivage pour moi, archives qui regroupent d’une autre façon des textes écrits d’abord pour le blog et sur un blog.

j’ai eu plusieurs blogs (sur blogspot puis plus récemment sur overblog. étiquettes -cahiers blancs- paspoésie.. )ces blogs n’avaient quasiment pas de lecteurs et je les ai fermés à chaque fois pour clore certains chapitres de ma propre vie.
c’est le contenu de ces blogs qui a été parfois regroupé retravaillé, parfois mis en forme, pour les éditions de poésie. en effet, l’écriture en ligne a fini par me faire lire et connaitre un peu de gens tenant des revues et autres poètes et qui m’ont poussée à l’édition papier. mais sans le web il n’y aurait sans doute jamais eu rien de tel.

le dernier blog (le journal poétique d’annaj) a été ouvert fin 2009 - il a duré trois ans et demie. au lieu de l’effacer comme je l’ai fait des précédents, j’ai décidé de le garder ouvert et d’en faire des archives web cette fois. je vais ouvrir mon premier site demain 4 septembre, et cette fois j’espère n’avoir jamais à le fermer.

- Depuis combien de temps écrivez-vous en ligne et est-ce que cette écriture quotidienne, publique, a remplacé l’écriture disons intime, ou dont la publication est toujours en attente d’un éditeur ?

j’écris sur blog depuis plus de 7 ans, absolument tous les jours. j’ai une conception de l’écriture qui s’adapte complétement au blog, qui a trouvé dans ce support, l’exacte forme qui lui est favorable. concision, variété, illustration, complémentarité et approche du temps résolument ancrée dans l’instant et non linéaire.

donc,oui bien entendu, l’écriture sur blog a remplacé l’attente d’un éditeur. cependant il faut bien ajouter que je vois éclore certains problèmes qui sont surtout personnels, bien que cela soit parfaitement possible qu’ils soient partagés avec d’autres.

d’abord c’est que sans réseaux sociaux le blog n’émerge pas, pas du tout même. j’en fais actuellement l’expérience. je passe de 200 pages lues quotidiennement selon les statistiques blogger à une 20 de visites quand je m’éloigne de Twitter ne serait-ce qu’un seul jour... je pense en fait être nettement moins lue que visitée..et ce n’est pas le but avouons -le.
le blog fait appel d’air. il m’oblige à un suivi qui peut aussi me nuire. car je l’alimente de choses qui ne sont pas toujours de l’ordre de la nécessité d’écrire. je me sens alors un peu P... réclamant que l’on monte..! l’image est un peu sordide mais je la trouve à la mesure du dégoût que cela me procure parfois.

- Quel bilan feriez-vous de cette expérience d’un point de vue littéraire, si vous deviez/aviez envie de faire un bilan ?

la constance paie. je veux dire que l’écriture se modifie, se construit, s’élabore sous l’impulsion- même sous-tendue- du blog. je sais que j’approfondis mon écriture, que l’ouverture aux autres m’en rend responsable beaucoup plus encore et que sur ce plan cela exige du très sérieux et grave et sincère. il y a une énergie propre au support qui instantanément offre la traversée de l’onde, la disponibilité... et la fragilité à l’écriture aussi. c’est vu tout de suite, on est à nu.
d’un autre côté, il y a une perte importante de la vision globale de ce que je fais. une difficulté à construire un travail structuré et éloquent, qui parle je veux dire. il y a un éparpillement que je n’arrive pas à maîtriser. alors est-ce une donne du genre ? est-ce un manque de sens viscéral et rédhibitoire ? dois-je ensuite trouver le moyen de voir l’ensemble. c’est comme si je faisais une fresque le nez collé sur le détail.
mais l’heure n’est pas au bilan en fait.

 

Le rebours, par Anna Jouy

16

dans ma décapotable rouge, je couds la route une ligne au centre, blanc faufil de voyage, j’ai rendez-vous à la lisière, au soleil couchant dans les motels de nuit. je trace plein gaz comme on déchire ses draps ou ses habits, avec ce bruit pareil d’étoffe friable. je me départis comme s’usent les météores à faire tout feu tout flamme, une ascèse magistrale à force de kilomètres et d’éloignement. je flèche le minuscule, mon point final s’écroulant à cours de jus et de substance.... décapotable rouge, cheveux au vent et cette longue écharpe blanche, enfin ma vie de pin- up.
road movie... et moi en guest star catapultée droit devant jusqu’à mes frontières émaciées et mon petit fuel de poussière

15

ne pas chercher, tête à queue. je ne sais à quoi ressemble le champ de mémoire. on dit de fermer les yeux. je le fais mais pour si peu, si bleu... le frottoir passe sur mes craies et j’évide le noir. je ne veux plus y penser sans doute, comme les failles et les traumas tranchent net le nœud du cerveau. je fixe le présent avec des œillères et des post-it. où ai-je rôdé, quel fil ai-je tendu d’un sens d’hirondelle ? à pinces sur les mirages et le linge au vol, j’avais presque créé un monde, un bras de terre entre ici et ailleurs. je songeais être résidente privilège. il m’importait peu de n’avoir pas plus de largeur qu’une ouverture de bras, ma plaine était éternelle, loin. je contemple le cercle de mon ventre, de mes seins...la toupie des têtes en l’air.

14

trafic intense, je mène campagne. nue nature et route sans allure. le bruit de mes bottes déclame la seule guerre des lieux. silences parmi la marche, je reviens aux petits pas, au tour du bled en trois étapes avec ravitaillement. faut que j’use le temps que j’use ce bout à bout de nuit et de jour, que j’use l’espace que j’érafle que j’égrappe le pavé. train forcé tête baissée. pendant que le bleu baise l’orage, je "tute" du front mes lourdeurs et mon humeur indigne. j’avale le parcours une fourmi après l’autre, à la semelle. je tire à moi le temps corde nouée autour du poignet, je varappe à l’horizontale. tout ce que je ne peux, ces impossibles bien fichés dans ma vie et qu’il faut prendre à bras le corps. il y a cette distance sans mesure, je n’en verrai jamais le bout. mais que cela ne m’empêche jamais de mettre un pas devant et de passer le temps à réduire la distance.

13

j’étais fille sage, images d’image, j’étais femme parfois, salope aussi, en tout point comme un ange. j’étais fille des cordes à mon sac et des chapeaux à mes aiguilles. j’avais le sang et puis le vide, le rouge partout j’étais fille, c’est comme ça qu’on dit. de la couleur de certaines étoiles et des blessures avec du noir autour, et une volière coquelicot à porter jusqu’aux fanes. j’étais fille, les lèvres à mes lèvres, parole ô le désir, parole ô le plaisir, fille à se chercher un maître, à se vendre à un feu pour de la nuit à mettre en quarantaine. j’étais fille emplie de sabots, démons et chevaux, emplie des libres plaines, avec pour seule bague le nœud coulant de l’horizon. rouge crépuscule ou rouge lendemain. à la saignée des chemins
au troisième top il sera mille kilomètres de noir majeur entre mes blanches, de la vidange d’horloge au mètre écart. je compte jusqu’ au bout de mes doigts, mêmes ongles rouges à chaque passion, mêmes soubresauts de soupirs et crochets d’alarme. couleurs radicales. pourquoi le temps a-t-il un pouls comme moi j’en ai un et qu’aucune fleur ? drums drums chassés dératés imperturbables, partout des sémaphores, des giratoires, des indics à la dégomme de la route. et moi toujours à fond de caisse, pédale secours et monomaniaque de la roue qui tourne. je regarde l’aiguille au compteur. avec un full à la déveine. je tiens mon souffle hautain, jaguar ou puma, pourvu que ça avance et que j’avale la distance au temporisateur pneumatique mes kms par jour

12

petit ciel stress. j’ai la peau feutrée de froid, je glisse entre des couches de noirs, celui du ciel, celui des arbres, celui du bâtiment….tête bien bouchée sur mon col, flacon secoué, mes talons dans les pavés chaotiques. je n’ai rêvé que de conneries habituelles, de ces faux rêves qui collent au terrain. travail travail. là-haut une fine rayure, un avion passe. et j’ai la tête basse, roulures et feuilles. chacun son voyage, le mien est une perforation intime, pétroleuse du quotidien. faudrait pas m’écarter des champs de derricks, de la vie anthracite. Je fugue à la raclette, petit, moindre. pas me fouler d’aventure. les matins à l’identique, les soirs mode bœuf, les nuits à l’avenant. et ce temps qui s’épuise entre mes doigts, que je regarde s’en aller en me demandant quand passe le prochain train ?
je tire sur l’élastique, le monde s’élargit, immense et long, tendu entre mes dents et puis je tire encore. j’attends de voir venir la claque sur mes lèvres, la distance aplatie sur ma bouche, flaques et saignées de gencives. bien fait !
mais je ne suis pas encore allée assez loin, la manivelle tourne, la roue poursuit son supplice. je m’écartèle lentement avec ce bruit de déchirure aux jointures, - mon amour tu me disjoins ?- étirement, l’âme résiste encore mais déjà mon cri monte et creuse l’usure.

11

le vent trie mes impasses, boucan du diable, cette chute d’air pur qui corne sous les murs et moi à l’arête des frissons. j’ai froid de ne sentir que ces aciers célestes, boréales transparentes qui tombent en couteaux. décembre à la tire. je navigue entre des lances de vent et des linges mouillés. empaquetée dans mes os. ça grelotte. je ferme encore les yeux, à quoi bon les ouvrir, je n’ai plus rien à voir et l’autre côté n’est qu’un songe de plus. dans la chambre secrète, la mémoire vire en feu. je me souviens que tu as tremblé toi aussi, une autre vie peut-être, et que j’avais la fièvre. tu m’appliquais tes brûlures comme des cataplasmes. tu disais aime-moi de tes lèvres ventouses et je montais en graines comme une âme de geyser. oui tu disais aime-moi à des brisants de froid.

10

impudeur chrétienne, on ose exhiber sa cervelle exposer ses savoirs. jamais son être. munis cautionnés de ces arrogances culturelles on prend pouvoirs. on goupillonne du bagage livresque, on branle son arbre de la connaissance, on asperge, on arrose large avec références. on se démarque du vulgus, une tête bien pleine au-dessus.
sans se douter que c’est bien cette indécence-là qui désunit qui disperse qui fait secte. je me réclame de mon cul, de mes bras chauds, du souffle mêlé. dans mon lit il n’y a jamais eu de guerre et mon sexe est béni d’entre toutes les femmes. que la poésie soit, pour les siècles des siècles, du verbe liquoreux des unions de chair et de sens. à jamais abolissant notre distance.

9

j’y arrive. c’est le neuf, le frais neuf, en ronflant du moteur neuf neuf neuf... ça y est la distance se compte en phalanges. un empan de jours ou d’espace, j’ai les choses enfin bien en main.
mais faut -il pour autant que je me coupe un doigt, celui de l’honneur ou presque, celui qui pointe à dessein, qui fait des classements, qui tourne la page, mouillé bavé. j’ai la hâte du moignon, du poing fermé sur la table du poing tendu droit haut, celui de la scansion protestataire, le tambourin de colère sur la peau du ciel. bientôt j’enfermerai mes mots rouges, mes chiffons, tous les doigts bien serrés. je replie chaque jour mes esquilles, crémaillère de comptine. à zéro, je te cherche !

8

froidure aux trousses, tous ces cinabres fendus dans un bâillement d’aube. il fera un temps épouvantable on en prend le pari. à matin rouge des dérouillées de pluie. je rentre mes distances par- dessous la porte. un vent froid y passe. l’hiver me remonte dans les lombes, otage de cambrure. ne plus bouger, cultiver l’inertie et prendre la posture profil bas. je rétrécis mes surfaces tendres, mon terrain de jeu. moindre jusqu’au marbre implacable des statues. le jardin raidi, le corps et ses laines feutré, j’oublie l’angora de mes amours. pétrification lente. les femmes aussi. l’heure est aux caillots de glace pour des phlébites de sèves amoureuses. je garde le lit, allongée. obligation de chambre.

7

big city - morne plaine. mesures d’herbes et de fumures - mesures de feux, rouges verts. je ne choisis pas. mes couleurs ne sont pas d’ici. une palette impossible entre des damiers, des diagonales tranchées dans la lumière. on ne déroule pas le même tapis. conduite intérieure sans doute. faut juste retourner le voyage du côté des doublures, prendre l’envers, le rebours de paupières. j’épingle mon œil dans la veste du rêve. je resserre mes pupilles sur le tour imaginaire. une terre étrange monte lentement entre mes pensées, une image un pays. un autre lieu sur lequel les pas ne laissent aucune empreinte et le vol des sillons, un ailleurs sans émigration permise, l’exil pur, l’infranchissable secret d’un univers démesure. je ferme les yeux, je passe le temps au prisme indélébile. noir-blanc argentique. zoom ou grand angle.

6

suis en retard. un jour. 24 heures un monde une histoire un soupir. suis en retard. j’ai lacé ma chaussure posé mon sac réajusté le chemin,- que sais-je-, un instant. le paysage était beau subtil tout en petitesse cachée sous la main en visière. alors il me fallait du temps, froncer un peu le regard, me faire un pli d’attention et d’inquiétude... et maintenant je suis en retard. les marcheurs ne s’arrêtent jamais, c’est une question de rythme de souffle de pouls au talon. un pas après l’autre en continu, régulier métronome. ni trop vite ni trop court, le pas est un balancement interne. sa cadence. j’ai paumé la mienne, pour une ficelle rebelle au pied, pour une barrière, une statue, un belvédère. cela valait-il la peine ? je vois leurs profils machinaux là-devant, un jour plus loin et je ne sais si j’ai perdu le temps ou le souffle.

5

la distance existe-t-elle encore ? un clic, un geste et le fond du monde vous saute en pleine gueule. un autre -ailleurs- grave au clavier un écran en couleurs, des pixels en creux de poussière. un instant et des milliers de mots de lettres de phonèmes dessinent aussitôt un univers à portée de regard.
et voilà la distance devenue inconsistance du fait d’un temps aboli. l’un sans l’autre et tout reprendrait sa place. papier crayon avion bateau auto mobylette facteur... des jours entiers étireraient l’espace. mais désormais, je zappe j’éteins j’allume je rezappe et le monde avec ; inutile de croire que la distance ait encore du sens.

4

il y a d’un bout à l’autre de la Terre des êtres qui ne savent pas à quoi ressemble le lointain mais qui connaissent pratiquement tout sur quelqu’un que le voisin de ce dernier ignore ! l’esprit est happé par la télépathie technologique où la connaissance d’un humain n’est même plus utile pour toucher son âme.
mais il peut arriver soudain que la distance sorte ses corollaires de thésaurus : garder ses distances, tenir à distance... le temps réapparaît alors sous d’autres masques : l’impatience, la "trépignation", l’attente. l’esprit est déboussolé, il suffoque, enrage, s’affole peut-être de ce déport dans la réalité. voilà comment des termes usités uniquement pour dire des aspects psychiques de notre nature recréent la véritable distance, l’espace et le temps qu’on croyait avoir abolis. oh !que oui ! alors le monde est vaste !

décidément sur Terre rien ne se perd et tout se récupère.

3
trois- quatre, mesure de temps. je suis noire à l’unité et tout se compte en volées de gammes qu’il me faut prendre à la course. Je n’écoute pas les sirènes, musique au pas, déhanchements et enjambées. juste encore ce petit métronome qui balance et me voue à mes cantiques. l’église est pleine et mes yeux clos. je chante sans plus, qui écouterait ? tu as trouvé tes cierges et des lumières. je ne sais prier que de silence et de ces bouches d’orgue posées sur moi. trois- quatre, chœur et flammes, crypte solitaire et là-haut un poème. que le ciel m’apprenne à gueuler ou alors des cantates mais qu’il choisisse !

2

double. entière, âme menottée de chair. ma main et elle font jour à jour le gnomon du poème, jouissance légère qui vole et met la mort à l’essai. est-ce donc la seule inclusion possible, ce double en fusion, peau et souffle, ensemble. ce nous qui n’est que moi. devant chaque miroir je vois une bise noire au guichet de pupilles. elle me regarde et m’interroge sur sa prison et sur notre liaison. l’exil intérieur. elle secoue mes chaînes à chaque angélus, me met en demeure de l’espace et du rendez-vous manqué. triste enfant merveilleux perdu comme mon corps l’est et que je reste solitaire. double entière intacte. mais les poètes ne sont pas étanches et mon corps poreux boit des osmoses. j’endosse l’humide brouillard des passagers de l’eau. juste assez pour que l’ange sache son navire échoué sans fin.

1

végétale, je le sens. entre brindilles et résineux, entre lichen et touffeur. me voici dans mes saisons exsangues, l’amour se retire, sève perdue, et me laisse accomplissant mes rites de froidures. je me tiens debout entre les claques gelées et les moulures de vent, raidissant mes épaules et nouant mes genoux. mes dernières fanes déchirent de leurs ongles les blancheurs opaques, découpes au pochoir des espaces de mort. hiver.
je traverse ma solitude et l’espace se recoud derrière moi. je suis des hémisphères herbeuses, vouée à la lune et au soleil, variable comme la peau de la Terre. neuve et puis vieille chaque année de ma vie. je suis de la compagnie de la vie, des officiants à l’ordo des âges. sans cesse je reprends l’existence, métaphore et botanique. hiver, j’ai de nouveau perdu ton rêve. et ce reste squelettique à la tombe du froid.

0

O comme un petit trou, un judas, œilleton fiché au centre du front ou ma bouche qui savonnerait le vent. O.
après des gymnastiques faciales de chiffres à reculons voici que s’essouffle le...zziiiii ... rr ... hhhhhhooooo o
laisser maintenant l’air sortir du tunnel. je pousse mon nuage droit devant, outre qui se vide d’avoir tenté de contenir le temps. les poumons craquent à la couture, j’expire les miasmes carboniques..
maintenant une prise de tabac ou d’air frais, une explosion d’oxygène entre les joues.
puis changer de jeu et parier sur des courses impossibles.... "si je n’atteins pas le mur là-bas avant que cet homme n’ouvre son coeur, je suis morte". voilà.

© Anna Jouy _ 3 septembre 2013

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

  • Lien hypertexte

    (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)