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Oeuvres Ouvertes : Libérez Nadejda Tolokonnikova

Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Libérez Nadejda Tolokonnikova

camps de travail en Russie : l’Europe peut et doit faire pression

23 décembre 2013 : Nadia est libre, on met en ligne sa lettre au philosophe Zizek : "Ici, en Russie, je ressens fortement la position cynique des pays dits développés", et écouter ses premières déclarations :

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30 octobre : On ignore actuellement le lieu de détention de Nadia. Jeanne Moreau lit la "Lettre du camp 14 de Mordovie" et soutient les Pussy Riot.

19 octobre : On apprend par Russie-libertés que Nadejda "reprend sa grève de la faim suite à son transfert nocturne de l’hôpital à son ancien lieu de détention". Cette lettre de Nadia nous parvient, lettre du 11 ou 12 octobre, toujours via Russie-Libertés : "J’ai vraiment besoin de votre aide".

10 octobre : Etrange silence des journaux sur le sort de Nadejda Tolokonnikova, excepté un article dans Courrier international hier qui fait le point sur les conditions de travail des prisonniers dans les camps de travail russes.

30 septembre : Nadejda Tolokonnikova hospitalisée, sans droit de visite, et bizarrement silence radio et télé. On se pose évidemment des questions sur ce refus d’informer largement l’opinion publique, alors que la situation est très préoccupante (mais ce que vit Nadejda Tolokonnikova n’est-il pas le révélateur de ce que vivent des dizaines de milliers de personnes en Russie, dont de nombreux opposants politiques dont on ne parle pas ?). Et puis comment se fait-il que l’article du Monde intitulé jeudi "Le goulag continue d’exister" a été changé en "L’esprit du goulag continue d’exister" ? On aimerait bien savoir...

26 septembre : Lire cet entretien paru dans le Monde avec Zoïa Svetova, visiteuse de prison, militante des droits de l’homme, écrivain, reporter au magazine New Times : En Russie, "le goulag continue d’exister"

25 septembre 2013 : Lire le témoignage complet de Nadejda Tolokonnikova dans les Inrocks traduit par Carole Boinet en accès libre et une autre traduction d’André Markowiz chez Mediapart (il faut être abonné).
J’ai proposé à la Revue des ressources de lancer cet Appel au pouvoir russe : libérez Nadejda Tolokonnikova, démantelez les camps de travail ! Merci de reprendre et de diffuser.

Le 24 septembre 2013 - On avait été parmi les premiers à saluer la prière anti-Poutine des Pussy Riot. Ce soir, le Monde publie un article alarmant sur la situation d’une des trois jeunes femmes condamnées, envoyée dans un camp de travail en Mordovie (dans la même région, signale l’article, où l’ami de Poutine Depardieu a élu domicile). Aujourd’hui, on relance ce SOS et on invite les lecteurs à faire des propositions en commentaire sur ce qu’il serait efficace de faire, via le web ou autrement, pour encourager le gouvernement français et d’autres organes de pouvoir à faire pression sur Moscou avec pour objectifs 1) la libération rapide de Nadejda Tolokonnikova 2) la remise en cause radicale du système pénitentiaire inhumain encore en vigueur en Russie aujourd’hui, comme jadis dans l’ex-URSS. Il est consternant en effet de constater qu’en Occident plus personne n’aborde cette question, même pas certains intellectuels qui, il y a plus de trente ans, avaient alerté l’opinion publique sur cette question. Ne fermons pas les yeux sur ce qui se passe dans ces camps de travail sous prétexte qu’il y a des causes plus urgentes, il y va de la vie de milliers de gens dont personne ne parle parce qu’ils sont dans l’isolement le plus total.


Une Pussy Riot décrit son quotidien "d’esclave" dans un camp de travail

"A partir de lundi 23 septembre, je commence une grève de la faim. C’est une méthode extrême, mais je suis convaincue que c’est actuellement la seule solution." Dans une lettre ouverte publiée par le Guardian, Nadejda Tolokonnikova, l’une des trois Pussy Riot, condamnée en 2012 à deux ans de travaux forcés pour hooliganisme et blasphème, décrit ses conditions de détention au camp de travail pour femmes en Mordovie, dont les détails brossent un tableau très sombre. A propos des règles de détention, elle écrit par exemple :

"Afin de maintenir discipline et obéissance, il existe un système de punition officieux. (...) Les prisonnières perdent "leurs privilèges hygiéniques" – il n’y a pas le droit de se laver ni d’utiliser les toilettes – ; et "leurs privilèges de restauration" – il est interdit de manger sa propre nourriture ou ses boissons".

"Ma brigade travaille dans l’atelier entre 16 à 17 heures par jour. De 7 h 30 du matin jusqu’à minuit et demi. Au mieux, nous dormons quatre heures par nuit. Nous avons une journée de repos tous les mois et demi".

TORTURE ET HYGIÈNE RUDIMENTAIRE

Un récit qui comporte son lot de scènes de torture, parfois organisées par des prisonnières alliées des geôliers.

"Certaines sont battues. Ils les frappent dans les reins, dans la figure. Les prisonnières elles-mêmes donnent les coups et aucune blessure n’a lieu sans le consentement ni l’approbation de l’administration. Il y a un an, avant que j’arrive, une Tzigane (...) a été battue à mort. L’administration a pu couvrir ce décès. La cause officielle de la mort est un accident vasculaire cérébral. Dans une autre unité, une couturière qui n’avait pas la force de poursuivre a été déshabillée et forcée à coudre nue."

Outre les tortures et supplices corporels, Nadejda Tolokonnikova détaille des campements insalubres, et un manque d’hygiène sciemment provoqué par les geôliers.

"Les conditions d’hygiène au sein du camp sont pensées pour faire sentir à chaque prisonnière qu’elle est un animal sale et dégoutant, privé de tout droit. Bien qu’il y ait des ’pièces d’hygiène générales’ dans les dortoirs, il y aussi une ’salle d’hygiène générale’ utilisé dans un but punitif. Cet endroit a une capacité de cinq personnes, mais les 800 prisonnières y sont envoyées pour se laver. Nous n’avons pas le droit de faire notre toilette dans nos dortoirs – ce serait trop facile."

"LES PRISONNIÈRES ONT PEUR DE LEUR PROPRE OMBRE"

Si aucune dénonciation n’a filtré, c’est parce que tous les moyens sont employés pour que les incriminations ne s’échappent pas du camp, et que les prisonnières soient réduites au silence.

"Les plaintes ne sortent pas de prison. La seule chance de voir une incrimination aboutir est de se plaindre via un proche ou un avocat. L’administration, mesquine et vengeuse, utilisera entre temps tous les mécanismes possibles pour mettre la pression sur la prisonnière, dont la plainte fera empirer les choses au lieu d’aider tout le monde. Ils pratiquent la punition collective : vous vous plaignez qu’il n’y ait pas d’eau chaude, ils coupent l’eau complètement. Les prisonnières ont peur de leur propre ombre. Elles sont complètement terrifiées".

Dans l’espoir que les conditions de détention changent, Nadejda Tolokonnikova s’est tout de même plainte. Des réclamations qui lui ont valu, raconte-t-elle, de recevoir des menaces de mort du directeur adjoint de la prison. Ce qui explique sa décision de commencer une grève de la faim.

"Je refuse de participer au travail d’esclave qui a cours dans ce camp. Je continuerai jusqu’à ce que l’administration respecte la loi et arrête de traiter les femmes incarcérées comme du bétail, (...) jusqu’à ce qu’ils nous considèrent comme des humains".

Dans un communiqué, l’administration carcérale russe a rejeté ces accusations, et a affirmé qu’il s’agissait d’un"chantage" pour que la détenue soit affectée à un travail moins éprouvant.

Si l’une des trois Pussy Riot condamnées a été libérée, Nadejda Tolokonnikova n’est pas près de sortir de prison. Le 26 juillet, la justice russe avait rejeté en appel sa demande de libération anticipée. La jeune femme de 23 ans, qui refuse de se déclarer coupable, avait alors déclaré : "Je contesterai ma condamnation jusqu’au bout, je porterai l’affaire devant la Cour suprême russe".

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 23.09.2013

© Laurent Margantin _ 23 décembre 2013
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Messages

  • Il faut monter une association et lancer une campagne de lettres à destination de Poutine, pour qu’il sache que cette affaire nuit à son image.

  • Je propose, en premier lieu, un recours aux moyens classiques : pétition en ligne (il existe des sites qui gèrent cela très bien) en direction de l’Elysée et du Quai d’Orsay, lettre ouverte à François Hollande sur le thème "La France pays des droits de l’homme restera-t-elle silencieuse ?" qui pourrait être postée à grande échelle sur un mail de l’Elysée (il doit bien exister un mail pour accueillir les courriels des citoyens), lettre ouverte du même style à Najat Vallaud-Belkacem en lui demandant d’agir au nom du droit des femmes.
    Et puis : utiliser les réseaux sociaux pour en parler tous les jours, marteler, briser le silence.
    Au travail !

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