Œuvres ouvertes

Stefan Zweig, Mater Dolorosa

Le dernier Nietzsche et sa mère racontés par l’écrivain autrichien, en accès libre dans la webliothèque d’Oeuvres ouvertes

Une veuve de pasteur, à Namburg, toute silencieuse et menue. Toujours habillée de noir, elle va seule et souvent au temple, la pieuse femme, durement éprouvée. La vie ne lui a pas été facile. De bonne heure elle a perdu son mari ; sa fille unique, la tendre, la joyeuse Élisabeth, l’a quittée pour suivre au Paraguay son étrange et fantasque Förster, et son enfant favori « le fils de son cœur »... ah ! elle ne peut s’empêcher de gémir en y pensant et au temple elle dit une prière spéciale pour lui. Pourtant quelles joies ne lui a t il pas procurées, ce garçon fin, aimant, intelligent ! Comme elle était fière de son Fritz dans ses premières années : le meilleur élève du lycée, le préféré des professeurs à l’Université, à vingt quatre ans — un miracle dans le monde académique — lui même professeur à l’Université de Bâle, à vingt cinq ans honoré de l’amitié du célèbre Richard Wagner. Toutes les mères de Naumburg devaient l’envier d’avoir un tel fils, la modeste et calme veuve de pasteur.

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Avec l’aimable autorisation des éditions Bartillat

© Laurent Margantin _ 10 mars 2014