Œuvres ouvertes

Succès de Nabe

Parmi les bouleversements de l’édition en cours, il y a Nabe.

Nos avions évoqué ici même il y a quelques semaines la parution de L’homme qui arrêta d’écrire de Marc-Edouard Nabe, fabriqué, vendu et livré par l’auteur lui-même et toute une équipe sans passer par un éditeur.

Voici ce qu’écrit aujourd’hui Léo Scheer - qui a rappelons-le édité des Morceaux choisis - sur son blog :

La situation de Nabe aujourd’hui est tout à fait extraordinaire. En un mois d’activité, il a généré, pour ce nouveau livre, un chiffre d’affaire de 2.000 x 28 € = 56.000 € sans compter la ventes des stocks de ses anciens livres invendus que j’évalue à 20.000 €. On peut considérer que 70% de ces sommes reviennent à Nabe, une fois payés l’imprimeur et le routage, cela fait 70% de 76.00 € = 50.000 € environ.

Il faut ajouter à celà que nous n’en sommes qu’au début de cette aventure, que les journalistes tardent à avoir le livre puisqu’il doivent l’acheter (il n’y a pas de service de presse gratuit évidemment), que le premier tirage de 1.000 est épuisé et qu’il doivent attendre la réimpression de 3.000 pour l’acquérir, et, enfin, qu’il va leur falloir trois semaines pour le lire et le chroniquer, car c’est un livre de 700 pages où aucun journaliste ne peut rater aucune lignes, à chacune, il peut se faire épingler.

Ensuite, il y a une chose que l’on ne mesure pas, c’est que Nabe étant maintenant propriétaire des droits de son oeuvre, il est sur un terrain vierge. Le boycott de l’auteur pendant 25 ans, qu’il a toujours été bloqué en poche, par exemple, fait qu’il peut générer un très important chiffre d’affaire avec la vente des droits à l’étranger. Pour le poche, il est possible qu’il soit obligé d’inventer un système propriétaire.

Aujourd’hui, Nabe est l’écrivain le plus aimé de France, les libraires l’appellent pour lui proposer de vendre son livre sans prendre de commission, juste pour la gloire, pour le mettre en vitrine et dire :"Nous l’avons". Au fur et à mesure, les articles dithyrambiques sur le livre vont sortir, un à un. Le florilège d’articles assassins que nous avons utilisé comme préface aux Morceaux Choisis, va se transformer en feu d’artifice d’éloges, probablement écrits par les mêmes.

Tout le monde voudra être de la fête, on condamnera rétrospectivement ceux qui, comme Gérard Miller, Michel Polac ou Sylvain Bourmeau, l’on insulté, traîné dans la boue, pour des raisons que l’on découvrira plus obscures que celle des valeurs qu’ils prétendaient défendre. On découvrira leur esprit de troupeau de chiens auquel se substituera un esprit de troupeau d’agneaux.

© Laurent Margantin _ 2 mars 2010

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