Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Maliyel Beverido et la volonté de dire

Une œuvre qui nous plonge au cœur de l’énonciation poétique

Une voix éminemment personnelle, des images puissantes, une maturité poétique dès les premiers textes : c’est ce que l’on constate à la lecture de Cientos de veces (« Des centaines de fois »), qui réunit des recueils publiés au cours d’environ vingt-cinq ans. Il y a en effet une forte cohérence entre ces derniers malgré des périodes distinctes, liée à une grande liberté par rapport à des modes extérieures, passagères.
Pour Maliyel Beverido, l’acte d’écrire est décisif, irrévocable. Il s’agit d’une nécessité absolue, comme si pour elle la voix lyrique était sans cesse sur le point d’être neutralisée, réduite au silence ; le seul moyen d’éviter le blocage c’est le recours à l’écriture, dans une sorte de fuite en avant permettant d’ouvrir l’espace poétique : « J’écris pour remuer l’air (…) / J’écris pour conjurer / pour ne pas rester paralysée. / J’écris seule encore une fois / et encore une fois ne suffit pas » (Sámago). Et dans Decir, ce besoin d’ouverture est clairement proclamé : « Une fois la parole échappée / ce n’est pas la fin du monde ; / au contraire, il se rafraîchit, / un espace est ouvert pour que / des voix nouvelles l’éventent. »
Chez elle, la première personne est constante, vive, énergétique. Son « je » poétique est résolument féminin, constant et très marqué. Il est la voix de la femme atemporelle, indépendante et forte mais en même temps fragile et sensible.
Emerveillée face au spectacle de la nature, dans toute sa simplicité et son évidence : un papillon, un oiseau, le vent, ainsi que face à l’humain dans ce qu’il a de beau : un regard, une œuvre d’art, Maliyel porte en elle l’expérience du sacré et de l’adoration, non pas comme adepte d’un culte à un dieu, mais pleine de l’amour de l’éphémère beauté, de la participation au mystère du monde.
Très mûre dès le début, il n’en est pas moins vrai que sa poésie s’est peu à peu consolidée à la manière du galet lentement poli par l’eau de la rivière, comme a pu le noter Angel Fernandez, et qu’elle a gagné en profondeur. C’est ainsi que dans Decir (« Dire »), la poétesse nous plonge au cœur même de la réflexion sur le langage et sur l’énonciation poétique. Elle n’hésite pas à personnifier les mots, à les rendre vivants : « J’écris pour que les mots / sachent où me trouver. » Et elle y prend un plaisir sensuel : « Je prononce lentement / un mot qui éclate / au contact de l’air / afin de contempler le chatoiement / qu’il laisse sur mes lèvres. »
Elle sait qu’au commencement était, non pas le verbe, mais l’énonciation : « L’énonciation est le principe / de toutes choses », et elle conclut : « L’espace où / la voix se fait mot, / où le signe est sens, / c’est la poésie. » Vérité qu’il ne faut pas hésiter à dire et redire, et que Jaime Moreno Villarreal souligne à juste titre dans son introduction à Decir : « l’acte de dire comme intuition de la poésie ».
Et si « tout nom manque sa chose », si « quelque chose manque au langage », il faut bien reconnaître avec Pascal Quignard que « le poème est le nom trouvé ». Maliyel serait d’accord avec lui lorsqu’il poursuit : « la poésie, le mot retrouvé, c’est le langage qui redonne à voir le monde » (Le nom sur le bout de la langue).
Née à Xalapa (état de Veracruz) en 1964, Maliyel Beverido a commencé à écrire très jeune. Journaliste, animatrice culturelle, elle a fait des études de lettres et de linguistique à Paris en 1995-98, puis une licence en Enseignement des Arts. Elle travaille à l’Universidad Veracruzana depuis 2010. Bilingue, elle a traduit en espagnol L’art poétique de Guillevic (Colibri, 2004). Elle a publié Las cualidades de la noche (Oasis, 1986), El origen de la niebla (SEP/CREA, 1988), Sámago (Universidad Veracruzana, 1988), Otro viaje a Itaca (IVEC, 2001). Son livre Cientos de veces (Universidad Veracruzana, 2012) réunit ces recueils, soit 25 ans de poésie. Decir est de 2013.

Présentation et traduction de Philippe Chéron

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CIENTOS DE VECES

Je baigne aujourd’hui dans la poussière de la maison,
dans la survie de l’absurde,
dans la flamme de la bougie du miroir.

Les points cardinaux ne sont pas encore en place.

Je suis pleine d’abîmes sans remède.

Mise en miettes j’attends
une humidité qui me reconstitue.

J’attends et je vois,
les braises, les cendres ;
la vacillation du feu au sein du froid.

*

La tendresse est un bon dérivatif,
comme un train emportant au loin
l’impertinence et les mauvais traitements,
et nous laissant face à un paysage
toujours éclairé, toujours tiède.

Une phrase mièvre
au bon moment
avec son caramel halluciné
fausse la mémoire
et permet de réinventer des souvenirs.

Ce n’est pas la dernière halte du trajet,
c’est à peine un point sur le chemin
pour reprendre des forces et perdre des craintes.

*

Je ne veux plus ici
mon ange gardien.
Il ne comprend pas
que je n’ai pas vocation
à concevoir des auréoles.
L’ange demande de l’amour
puis il le censure.
Il exige une passion céleste
qui n’appartient qu’à son espèce.
Mon humaine condition ne me permet pas
d’avoir l’idée de jouir et de m’en repentir ensuite.
Qu’il est triste de souffrir
pour expier cette félicité d’un instant.
Je préfère la doctrine des faunes
qui allument leurs torches dans les bois
et dansent et chantent et respirent.

*

J’ai organisé le festin de la tristesse.
J’ai convoqué la créature mutilée,
la bête fidèle qui sommeille dans nos entrailles
et qui de l’intérieur griffe le visage.
Nous célébrons la plus infime portion d’angoisse
car c’est bien elle, en fin de compte,
la forme la plus parfaite de la vie ;
elle est proche de la mort,
elle l’imite et la dédaigne.

*

Le sommeil éternel dédommagera-t-il
mes rêves inachevés ?
Lorsque mon corps sera
immobile, sec, abandonné
y aura-t-il quelque chose de moi
qui réinventera
les désirs ?
Lorsque les rêves retourneront
à leur veine
et que la roche minérale
se refermera sur eux,
pourrai-je croire
que je sommeille légèrement
après un jeu amoureux
et que je vais me réveiller avec toi ?

D’un côté du lit

Je pressens qu’aujourd’hui tu vas rêver de moi.
Je te devine
en train de dessiner mon corps dans ton regard.
La nuit est si vaste
qu’elle fait se toucher nos ombres.
Tu n’es pas où tu es et moi non plus.

Pomme avec une bougie

La pomme est le rêve
d’un arbre qui ne dort pas

Je t’offre une pomme
et l’écorce du chêne sous lequel elle roule
et le sentier couvert de mousse
et la constellation de champignons
et la veine du pin dans l’air blanchâtre
et l’entaille que fait le hibou en vol
dans la nuit cotonneuse
et la silhouette du lièvre
comme un éclair d’ombre.

La pomme est une lettre
dans le mot bois
Une goutte de volonté
Un verger dans la paume de la main
Un risque entre les dents

Je te l’apporte au beau milieu du vacarme
des pêches des mûres des prunes
qui brandissent l’automne dans le panier

Portrait robot dans une bouteille

M’écouteras-tu si je te parle des roses
ou de la pleine lune,
ou des pièges que la distance
tend à l’assoiffé
 ?
Je me suis habituée aux noms que nous inventons.
Maintenant je laisse passer les pages du jour
jusqu’à ce que le soleil se fatigue
de tomber à plomb.
Combien de nuits y a-t-il eu
depuis mon dernier rêve ?
Vois comme change l’ombre de mon verre
et la conversation qui flotte
entre la surface du vin
et le contour de ma bouche.
Je prends
de l’aile au vent
et je vois des pélicans
là où il n’y a que des rochers.
A moins que ce soient des glaces fondantes ?
Ou des cadavres qui chantent ?
Tu apparais au fond des assiettes,
des fenêtres et des armoires.
Tu ressembles aux choses qui me plaisent.
Je vais bientôt rester sans paroles,
je vais voyager en quête de la pluie
comme si je ne la connaissais pas.
Ensuite je plierai trois cents feuilles blanches
et je laisserai la mer avaler les bouteilles.

Retour

Une fois la mer revenue au nuage
peu importe l’immensité
de son désir d’atteindre la lune
Il ne reste en elle que la bataille du corsaire
la douleur du harpon sans proie
le chant des baleines
la verroterie des poissons
la bouteille et son message sans destinataire
l’amour que les amants ont lavé
le suicide avide sur ses rives
le reflet de l’enfant dans son passé de rivière

La mer devient vapeur
il ne lui reste même pas le sel
pour au moins se sentir larme

Revenue au nuage
la mer verra les villages
des pêcheurs
les femmes
dont on parle dans les barques
les malades
qui n’ont jamais pu la visiter
les tombes de ceux qui
à cause d’elle
n’ont pas été enterrés

*

Une fissure dans le mur humain.
Le raccourci de draps réciproques
a ouvert les puits troubles où stagne
un arôme de phrases malheureuses.

Le lierre vagabonde dans ce lit.
D’emphatiques aberrations
haussent leurs tiges et se gonflent
de l’air raréfié de la page
qui évoque avec nostalgie
le dos de l’histoire.

Je pourrais citer l’attraction de la chair,
la tension et le luisant de la peau,
les couleurs cachées,
cette version terrestre
des fatigues olympiennes.

Et la convalescence qui fugace
a rouvert les fenêtres.

*

Je préfère suivre le pas ténu de la brume.

La brume étend ses rumeurs dans les rues,
elle court comme une rivière de noix tendres,
elle cache la soif des fenêtres,
elle endort les miroirs.
C’est la pluie en silence.

Un peu de miel sur l’herbe
pour arriver à temps.

La prochaine voix ne me trouvera pas nue,
je sais ce que la brume recouvre.

*

La pluie m’a réservé un alibi.

Ce qui est autour de moi est triste
De me voir ainsi, heureuse, sans le mériter,
M’habillant en vert et exhalant des fleurs lilas.

Je ne suis pas sur mes gardes, je ne veux pas.
Les baumes proposés par l’herboriste,
le printemps impudique et magnanime,
bref, le jardin où fleurit
l’anxiété d’avoir à reprendre des projets
dans l’urgence de l’éternel
m’a encerclée.

De l’épaisseur parfois transparaît
le calme qui vacille, engourdi
par un soleil obstiné.

Faibles serrures sont tes mouchoirs d’eau.

*

Tout ici semble fait d’écume,
érigé et détruit en un instant,
avec un effort minuscule de l’air
et la bienveillance des eaux.

Sous un ciel lisse comme le désir,
polygones irisés et changeants,
sans arêtes, mous, transparents.
Seul le fond du puits
a l’air solide.
Les nuages d’or pèsent lourd.
Dans les palais circulent des héros galonnés.
Des centurions ?
Mon amant est un titan enveloppé dans les vagues.

C’est mon corps de sables insolubles,
qui battent chacun pour soi.
Corps constellé d’étoiles abyssales,
caché par un cortège de poissons doux,
qui demeure attentif
à la chanson que taisent les sirènes.

Onde et humidité,
diamant irréductible.

*

Avant l’aube tout était clair.
La rue ne m’invite pas à ses festivités.
Je traverse son fracas sans m’y mêler,
sans même être en désaccord
avec mon silence atroce, irrépressible
et fragile, cependant.

A cette heure, marchepied de l’obscur,
sur la route des vents sans but
– fuite intrinsèque, sortilège étranger –
où les paroles et leurs échos
ne sont pas prévus et ne laissent aucun souvenir,
je vais sans hâte dans la boue,
l’ordinaire de tous les jours,
ce qui a un nom commun,
ce que la narration admet.

Le torrent d’une rivière en crue épaissit mes veines :
eaux troubles, nombreuses pierres.
Les pierres vont polir leurs arêtes à chaque coup
pour se couvrir ensuite de limon.

Mon pas pèse,
pas à pas,
dans tes empreintes incertaines,
pour pouvoir dire ici nous étions,
c’est ici qu’est le pluriel, dans le souvenir,
dans le nôtre.

*

J’ai retenu ta main juste un instant ;
ta peau contre ma peau mettait le monde de côté.
J’ai soutenu le monde sur ma peau quand ta main
a mis dans la mienne sa tiédeur et deux vers
pour la mesurer.
Le monde était ma peau,
cette partie de Dieu où nous aspirons à nous rencontrer.
Maintenant ton profil au loin ne me suffit pas,
la silhouette de ton bras à travers la fenêtre,
ou la courbe de ta nuque
et le dossier de la chaise,
enveloppé dans le premier café du matin.
Le monde m’échappe.
Ta voix me rapproche du toucher
et je brûle, je brûle, je brûle
en l’écoutant, alors que
je te veux corps à corps
et je sais que je n’aurai, sans doute,
qu’une illusion du monde ;
la peau promise par tes mains.

*

Nous avions coutume de nous laisser engloutir dans le silence.
C’était la guerre dans un autre monde,
c’était peut-être la fin d’un jeu,
ou seulement la tombée du soir ;
un galet qui atteint l’ampoule
et qui éteint le jour.
Je ne trouvais même pas les questions adéquates.
Seul mon cœur surnageait,
seul mon cœur
pouvait sortir mon corps de ces eaux.
Tes paroles m’ont prise par la main.
Un tourbillon s’est alors formé
et tout en moi voulait écouter, t’écouter ;
fuir, te fuir.
Cela ne doit pas être ainsi
mais ça me plaît.

*

Pour que d’autres n’en profitent pas,
je vais écrire un poème qui parle de mon enfance,
un poème qui décrive les murs
ne renfermant pas ma nostalgie,
les cartons dans lesquels on gardait
périodiquement les biens de la maison.

Je vais écrire ma recherche d’un quartier
qui puisse fournir une patrie à ma mémoire,
le défilé des arbres et des ombres
entourés de broussailles et de mauvaises herbes,
la rue dont le nom changeait tout le temps,
et les enfants accroupis sur le trottoir,
surveillant dans son étroitesse la venue
de l’heure d’être grand et de l’abandonner.

Je vais écrire un poème qui,
sur les traces des roues ou des pas,
répétera maintes fois le chemin du parc
et ses sentiers fleuris,
les moments de récréation,
ces centres des yeux enfuis.

Je vais écrire un poème dans lequel tiendront
de vieux chiens, des chats errants,
de petits rongeurs dans leurs cages,
l’oiseau chanteur qui toujours meurt ou s’échappe,
et quelques survivants entêtés
de l’amour infantile des entrailles.

Je vais écrire un poème où
le mot trouvera sa place,
où recherche et trouvaille enfin s’uniront.

Je vais écrire un poème à partir duquel
on pourra voir les portes se dissiper.

Quartier

Toute capitale a une rue
qui s’appelle Merveilles,
une impasse du Progrès,
un passage des Miracles.

Toutes les villes sont inconnues,
peuplées d’hommes difformes
que personne ne regarde,
et de poubelles dans les coins.

Toute cité garde un relent de bûcher.
L’incendie des navires ou des charrettes
reste inscrit dans ses pierres.

Toutes les banlieues ont des terrains vagues
où vont se réfugier les vieux enfants,
les ustensiles hors d’usage et les gosses chassés.

Toutes les villes sont des hameaux
où les maisons prospèrent et où les gens s’effondrent.


DIRE (fragments)

Dire volonté

L’énonciation est le principe de toutes choses.

Nous connaissons les choses que nous nommons,
nous les rendons possibles,
nous leur donnons une place,
nous les portons au monde.
à un monde.
Nous en faisons un monde.

Le nom de la rose est son parfum.

Je prononce lentement
un mot qui éclate
au contact de l’air
afin de contempler le chatoiement
qu’il laisse sur mes lèvres.

Dire incertitude

Il y a des mots qui ne sont que doute.
Il y en a qui ne sont que certitude.
Les autres sont une bande d’oiseaux
à la recherche du sud.

Et si nous n’étions rien d’autre
que les bras d’une voix ?

J’écris pour que les mots
sachent où me trouver.

Dire conviction

Mon corps est voix.
Mes doigts sont murmures
Et mes bras, cris.
Je marche en agitant l’air.
Cette terre si silencieuse frémit à mon passage.
Et entre mes lèvres surgissent des flammes.

Le miroir est une fenêtre vers l’intérieur,
le mot est une brise qui transite.

Les mots étaient tous là,
avant moi,
là où je les ai trouvés,
ils ne m’attendaient pas
et je ne les ai pas cherchés.

Dire sillon

Où que j’aille
une voix me précède.
Où que j’aille
je laisse la trace d’un mot.

Ecrire,
dire avec les mains c’est laisser des cicatrices d’histoire,
à force de caresser le temps.

J’aime le silence qui se brise,
morceau de cristal sacré,
qui chute,
tonneau fond du précipice.
J’aime le silence ouvert
entre deux horizons.
J’aime le silence
qui sépare (qui unit)
deux pages,
deux yeux,
deux noms.
Le silence ne sert pas
à garder des secrets.
Les mots sont comptés,
mais tout n’est pas dit.

Dire firmament

Une fois la parole échappée
ce n’est pas la fin du monde ;
au contraire,
il se rafraîchit,
un espace est ouvert pour que
des voix nouvelles l’éventent.

Seul le mot crée des fleurs
dont l’arôme est réservé
à l’ouïe.

Le mot
ne rompt pas le silence.

Dire essence

La lettre n’est pas un mot réduit au silence.
c’est une voix latente,
aux aguets.

Le temps peut être
le cœur du mot.
le mot peut être
le cœur du temps.
le mot peut être,
et il est.

Dire, est-ce mettre fin à un emprisonnement ?
Taire, est-ce jeter la voix au cachot ?

Je ne dis pas ce que je ressens.
Je dis ce qui peut se dire,
ce qui tient dans un mot.
Le mot est comme une urne ou une arche,
il arrive parfois plein,
et parfois il est là pour être rempli.

L’espace où
la voix se fait mot,
où le signe est sens,
c’est la poésie.

© Philippe Chéron _ 1er mai 2014

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