Oeuvres Ouvertes

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sur cette mer

On ne voyait rien à la surface de la mer. Cette ville de taille moyenne n’avait pas de port et les pêcheurs des autres villes côtières ne passaient jamais dans ces eaux. Il semblait qu’on ne naviguait pas sur cette mer, plane et lisse par beau temps, seulement survolée par quelques bandes nuageuses de taille modeste et qui certains jours paraissaient figées, suspendues des heures entières au-dessus de la ligne d’horizon.
Cette absence de toute navigation et de toute vie sur cette étendue immense éveillait dans l’esprit du passant une peur diffuse, une sensation d’abandon qui se muaient vite en une attente larvée mais au fond désespérée, car nul n’avait jamais vu surgir un navire à l’horizon depuis que les cargos avaient cessé de passer par ces côtes pour aller livrer leurs marchandises à l’autre bout de l’île.
Rien, dans cet espace béant devant la ville, n’apparaîtrait. La mer semblait ainsi refléter le vide du ciel, et l’homme ne pouvait plus que se replier vers l’intérieur de l’île, s’aménageant une vie acceptable.


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© Laurent Margantin _ 2 juin 2014

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