Oeuvres Ouvertes

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muraille

Ici la côte n’était pas ouverte aux vagues, mais s’en défendait. Une haute muraille servait de rempart, et les promeneurs y marchaient, jetant parfois un coup d’œil sur les fondations de l’ancien embarcadère battues par l’écume.
Là, jadis, on avait accueilli des navires, là, des gens avaient débarqué et embarqué sur un pont métallique qui fut plusieurs fois balayé par un cyclone. Puis on renonça à accéder au pays par cette côte sauvage, et bientôt il n’y eut plus que la foule des dimanches pour venir marcher sur la muraille, comme fascinée par cette absence de port, et à la fois soumise à cette austérité de la promenade.
Non loin de là, les enfants jouaient pourtant. Mais les solitaires qui s’asseyaient sur la pierre et se tournaient vers l’océan semblaient être les gardiens de ce désastre ancien que nombre d’habitants n’osaient affronter qu’en groupe. Voir les navires passer à l’horizon et se diriger vers d’autres destinations rendait triste. La promenade provoquait immanquablement ce sentiment de perte que même l’existence de l’aéroport n’avait pas permis d’effacer.


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© Laurent Margantin _ 3 juin 2014

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