Œuvres ouvertes

insulaires, blogbook (18)

petits événements

Au coin de la rue de nulle part, il y avait la prison. Contre le mur de la prison, un homme et une femme s’embrassaient. La femme était adossée au mur, l’homme l’embrassait en caressant son bras qu’elle avait nu. Le bras entourait le cou de l’homme qui venait peut-être de sortir de la prison, bien que son visage bienheureux communiquât un sentiment de liberté et d’insouciance qui contrastait fortement avec la réalité de l’existence derrière le mur et les barbelés au-dessus.
Un petit chien passa, qui se coucha sur le trottoir. La porte de l’établissement pénitentiaire s’ouvrit puis se referma, sans que personne n’en sortît. Les amoureux se séparèrent.
Ces petits événements parfaitement insignifiants évoquaient les commencements de la vie, quand, malgré le peu de choses qui se produisaient, le mouvement le plus minime qui pouvait être observé, ne serait-ce que celui d’un insecte sur le trottoir, ou bien le salut d’un passant, semblait inaugurer un monde nouveau, totalement inconnu.


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© Laurent Margantin _ 9 juin 2014