Œuvres ouvertes

insulaires, blogbook (32)

jeu

On le voyait tous les jours dans la rue piétonne, assis sur un tabouret, jouant de l’accordéon. L’homme était noir, petit et rond. Il portait un chapeau et son visage était inexpressif.
Après avoir joué toute la matinée et recueilli un peu d’argent, il se dirigeait vers sa vieille voiture blanche, et allait rejoindre un café situé sur une place de la ville. S’y retrouvaient tous les parieurs des environs, tous des solitaires qui, assis à une table, remplissaient méticuleusement des bulletins en consultant de temps à autre les panneaux où étaient affichées les courses de chevaux de l’après-midi.
Le petit accordéoniste avait, semblait-il, bien gagné sa journée. Il s’asseyait là, et, sans musique, jouait encore un air que seul lui connaissait, souriant enfin.


Page précédente
Page suivante
Lire la présentation et revenir au sommaire.


© Laurent Margantin _ 16 juin 2014