Éditions Œuvres ouvertes

insulaires, blogbook (40)

clients

Au milieu de mauvaises herbes et de deux ou trois arbustes mal entretenus, ils étaient assis en silence. La maison et la terrasse qui les accueillait avaient l’air délabrées. Une femme mal vêtue se déplaçait d’une table à l’autre, apportant leur breuvage aux clients.
Cette maison – on le lisait sur la façade aux couleurs délavées – offrait des tisanes et des gâteaux. Située à la sortie de la rue principale de la petite ville pittoresque, elle dénotait à côté des autres cafés et salons de thé qu’on trouvait plus loin, mais sa terrasse était toujours bien remplie.
Lorsqu’on observait un instant la clientèle, on se rendait compte qu’elle était composée de randonneurs ou de simples touristes atypiques attirés par l’aspect vétuste des lieux qui convenait bien à leur apparence elle aussi assez sommaire. On se doutait qu’ils avaient fait tous ces kilomètres à pied ou en voiture par les voies ou les routes escarpées de la montagne pour se voir gratifiés enfin des meilleures tisanes et des gâteaux exceptionnels de cette maison qui ne payait pas, mais alors pas du tout de mine. On soupçonnait aussi qu’un livre mondialement connu les avait poussés jusqu’ici, et on exprimait de la reconnaissance pour cette modeste mais informative littérature qui amenait quantité de gens de partout dans le monde jusqu’à cette maison qu’aucun d’entre eux n’aurait jamais voulu habiter, même gratuitement.


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© Laurent Margantin _ 20 juin 2014

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