Œuvres ouvertes

La Main de sable : animaux

Les animaux s’étaient désormais attaqués aux grandes villes. Ils étaient ainsi quelques milliers à traverser les centres urbains et à coloniser les jardins publics, les plus visibles étant les sangliers qui retournaient la pelouse de leur groin.
Des habitants des immeubles fabriquaient des panneaux sur lesquels ils dessinaient les bêtes, en demandant qu’on fermât bien les entrées de ces jardins. De moins en moins farouches, ils s’aventuraient en horde au grand jour dans des cours d’immeuble, dans des (...)

Les animaux s’étaient désormais attaqués aux grandes villes. Ils étaient ainsi quelques milliers à traverser les centres urbains et à coloniser les jardins publics, les plus visibles étant les sangliers qui retournaient la pelouse de leur groin.

Des habitants des immeubles fabriquaient des panneaux sur lesquels ils dessinaient les bêtes, en demandant qu’on fermât bien les entrées de ces jardins. De moins en moins farouches, ils s’aventuraient en horde au grand jour dans des cours d’immeuble, dans des appartements de rez-de-chaussée. On expliquait généralement cette invasion par la succession d’hivers doux dans cette partie du monde, qui avaient entraîné la bonne qualité des cultures, notamment de maïs, à proximité des villes.

Des chasseurs urbains – on les appelait ainsi – étaient diligentés pour agir contre ce fléau. Mais plusieurs d’entre eux furent traités d’assassins et même agressés par des jeunes gens qui prirent la défense des animaux. Ceux-ci, peut-être encouragés par cette attitude, en tout cas de plus en plus domestiques, s’installèrent peu à peu dans ces vastes centres urbains, aussi à l’aise que dans leurs anciennes forêts.

On parlait également de plusieurs milliers de renards, lesquels avaient la sagesse de ne sortir que la nuit, car ils se doutaient bien qu’une guerre allait bientôt commencer.

© Laurent Margantin _ 3 décembre 2009
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