Éditions Œuvres ouvertes

Et si nous faisions nos propres émissions littéraires ? On lance la webradio !

la webradio littéraire, numéro 1

C’est une des données essentielles de la mutation en cours : la transmission de la littérature la plus vivante, la plus radicale ne se fait plus par les canaux traditionnels, qu’il s’agisse de la télévision, de la radio ou même des revues papier. On a chassé du paysage radiophonique des voix essentielles comme celle d’Alain Veinstein : même à minuit la littérature dérangeait les nouveaux managers au service de "l’Etat-stratège" (entendez économique). On a donc le choix : soit se lamenter, soit inventer de nouveaux espaces où pourrait s’opérer ce que Jaccottet appelle une transaction secrète.

J’ai toujours écouté la radio, et au fond c’est à la radio que l’ordinateur connecté au web ressemble le plus à mes yeux. On voudrait que le web ne soit plus qu’une ville avec toutes ses boutiques (la littérature ayant les siennes), moi je le vois plutôt comme une multiplicité de voix proliférant et échangeant, créant ensemble, le modèle de cela étant la radio. Diffuser nos textes reviendrait alors à diffuser nos voix. C’est que je propose aujourd’hui de faire : créons nos radios littéraires en ligne, sortons du texte écrit plaqué sur l’écran, donnons-le à entendre pour qu’il circule librement d’oreille à oreille.

Mon plus fort souvenir de lecture audio ? Les poèmes d’Henri Michaux lus sur France Culture il y a de cela une trentaine d’années. J’entends encore la voix de L’avenir flotter dans l’espace, elle n’a cessé de voyager depuis. Une webradio pour faire voyager nos textes, librement, hors de tous les cadres commerciaux, anciens ou nouveaux.

La webradio littéraire | numéro 1

Chaque mois, on proposera des lectures de textes par leurs auteurs ou par des lecteurs dans le cadre de rubriques, au nombre de trois pour ce premier numéro.

D’abord la rubrique Dissémination : lors du lancement de la web-association des auteurs en mai 2013, on avait déjà eu l’idée de proposer des fichiers audio, de faire entendre des voix. J’inclurai donc mes disséminations dans la webradio quand ce sera possible.

Autre rubrique : Voix vives, où l’on accueillera des lectures de textes contemporains, pour la plupart publiés sur le web. Pour ce premier numéro, très heureux d’accueillir un texte envoûtant de Lucien Suel, Les Champs de la nuit, accompagné à la guitare par Arnaud Mirland, ainsi des lectures d’Eric Schulthess, d’Aline Royer et d’Antoine Brea.

Troisième rubrique : On a traduit, on a lu, avec pour commencer une lecture de Trakl par Eric Schulthess.

Je pense à d’autres rubriques pour la webradio : pourquoi pas des éditos ou des entretiens avec des auteurs, il faut simplement trouver les outils qui permettent d’intégrer de vrais échanges et une parole plurielle dans la webradio. Cela se fera progressivement, on est bien sûr ouvert aux propositions et aux contributions extérieures.


Dissémination

Ce mois de novembre, Serge Bonnery proposait une dissémination de la web-association des auteurs sur le thème : Quelle littérature après Auschwitz. Nous lisons un texte d’Ingeborg Bachmann traduit par Ferdinand Cambon : De la victime nul n’a le droit de se réclamer. Bachmann est la fille d’un instituteur qui a adhéré très tôt, dès 1932, au parti nazi autrichien. Toute son oeuvre est traversée par cette question : comment écrire dans la « langue des assassins » (Mördersprache résonnant étrangement avec Muttersprache).


Voix vives

-  Lucien Suel

Auteur du SILO et de nombreux livres (récits et poèmes). Pour Lucien Suel, la poésie s’expérimente dans de multiples formes, notamment sonores, au cours de lectures debout.

-  Eric Schulthess

Il réalise un magnifique blog intitulé Sons de chaque jour, et je le remercie d’avoir soutenu ce projet de webradio, notamment en lisant une nouvelle de son recueil Marseille rouge sangs publié aux éditions Parole.

-  Aline Royer

Auteur du blog Concrétions. Voir la page qui lui est consacrée sur Oeuvres ouvertes.

-  Antoine Brea

Auteur du blog Amour 2.0 et de plusieurs livres parus aux éditions Le Quartanier. On peut lire Zborowski et Ce qui se dit sous terre dans la webliothèque d’Oeuvres ouvertes. Il lit Roman dormant récemment paru, premier extrait et suite le mois prochain.


On a traduit, on a lu

-  Georg Trakl

Centenaire de la mort du poète Georg Trakl dans les premiers mois de la première guerre mondiale. Traduction des Corbeaux par Laurent Margantin, lecture d’Eric Schulthess

A la réalisation de la webradio littéraire ce mois de novembre : Laurent Margantin, Eric Schulthess

Illustration : Ernst Jandl

© Laurent Margantin _ 28 novembre 2014

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