Œuvres ouvertes

23/12/14

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"Sache que chaque œuvre qui avait suffisamment de valeur pour être publiée ne peut trouver aucun juge dès sa publication ; elle doit d’abord éduquer son public et former son propre tribunal. — Spinoza a dû attendre un siècle avant qu’un propos pertinent ait été prononcé à son sujet ; au sujet de Leibniz on attend peut-être encore le premier propos pertinent, pour Kant cela ne fait pas de doute. Si un livre trouve un juge compétent dès sa publication, c’est la preuve parfaite qu’on aurait très bien pu ne pas l’écrire". Ces lignes, du philosophe allemand Fichte, ont été écrites à la fin du dix-huitième siècle, mais elles s’adressent visiblement à nombre de nos écrivains contemporains (notamment à ceux auxquels on consacre des colloques à l’université).
© Laurent Margantin _ 23 décembre 2014