Oeuvres Ouvertes

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Journal de Kafka (III,8) : J’ai eu il est vrai un sentiment similaire

troisième cahier, nouvelle traduction


28 octobre 1911 J’ai eu il est vrai un sentiment similaire, mais le jeu des acteurs et la pièce ont été loin de me sembler parfaits ce soir-là. C’est justement pour cela que j’étais tenu à un respect particulier envers les acteurs. Qui sait, lorsque les lacunes de l’impression sont petites tout en étant nombreuses, qui en est coupable. Madame Tschissik a marché sur l’ourlet de sa robe et a chancelé un instant dans sa robe de fille de joie façon princesse, comme une colonne massive, une fois sa langue a fourché et pour la calmer elle s’est tournée vers le mur du fond dans un mouvement violent, alors que cela ne correspondait pas du tout à ses paroles ; cela m’a déconcerté, mais n’a pas empêché ce soupçon de frémissement que je sens toujours sur le dessus des pommettes quand j’entends sa voix. Mais parce que les autres ont eu une impression beaucoup plus impure que moi, ils me paraissaient tenus à un respect encore plus grand que moi, aussi parce qu’à mon avis leur respect aurait été beaucoup plus efficace que le mien, de sorte que j’avais deux raisons de maudire leur conduite.


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© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 4 janvier 2015

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