Œuvres ouvertes

08/01/15

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Dans la glace de l’armoire le château de Hohentübingen sous un ciel nuageux, une seule trace de neige sur un toit. En deux heures au Café central Manfred revient sur les opéras de Wagner et de multiples anecdotes de la vie littéraire et philosophique de l’Allemagne début 19ème, parle posément sa chope de bière devant lui : aucun effet de vertige, tout se déploie tranquillement. Pareil vingt ans plus tôt, mêmes lignes suivies, mais pas les mêmes visages autour de la table sauf le mien. Parfois Luise est dans la cour et ouvre directement, mais en hiver elle est souvent au premier étage de la maison et elle lance la clé. Il y a Michael sur une photo prise à la terrasse en face un été, assis juste à côté de Manfred qui montre quelque chose. Les dessins antimilitaristes de Cabu soutenant l’objection de conscience dans les livres et journaux militants que je lisais pendant mes deux années de service civil. Endormi fais le tour de l’île à vélo : plaine, forêt et collines à la place de l’océan. Sors du reflet de l’armoire à cause d’un rendez-vous du côté du pont du Neckar.
© Laurent Margantin _ 8 janvier 2015