Éditions Œuvres ouvertes

19/01/15

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Cherche le numéro du fragment poésie réel absolu pour que je ne sais qui lui donne une reproduction du manuscrit, là-bas à Francfort je ne sais où. Les toits de la ville sont toujours propres. Wolf, raconte HH à Berlin, a dépecé Homère. Le petit homme marche toujours un peu bancal dans la rue des cafés italiens, moustache et cheveux gris, manteau trop grand. Il ne me reconnaîtra jamais. Garde sa voix dans un français boiteux (se vantait de lire les journaux dans la langue). Les gens font leurs courses tout en restant mobilisés, prêts à sauter sur leurs écrans à la moindre attaque. Certains marchent dans la rue avec une gueule de mangeur de viande. Plusieurs sont fâchés parce qu’ils ne défileront pas ce soir alors que c’est la guerre. Histoire de cet étudiant chinois qui parlait allemand en mettant dans chaque phrase irgendwie irgendwas irgendwo (je ne sais comment je ne sais quoi je ne sais où). Ah tiens, il fait encore nuit à 7 h 18, il y a juste une lumière électrique gros point blanc au fond, l’église du Stift avec ciel noir et blanc légèrement fluctuant. Quelque part on tente de sauver les limules, animaux vivant depuis 500 millions d’années, on a trouvé le truc pour qu’ils se reproduisent en labo. On les voit patauger au ralenti dans cinquante centimètres d’eau, longues pattes très mobiles, carapace sur le dos, pas de tête, c’est rassurant de savoir qu’on continuera à récupérer leur sang bleu.
© Laurent Margantin _ 19 janvier 2015

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