Œuvres ouvertes

27/01/15

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Dans l’Ammergasse je vois la boutique illegal de l’ancien collègue, elle n’y est plus. Aujourd’hui même hors de la tour H on cause Grèce, échos journaux radios télés internet. Des gens disent économie, budget de l’Etat, parlent des 600 euros ou plus (certains disent beaucoup plus) qu’on leur vole par tête. Ils sont à la retraite et boivent des cafés aux terrasses gelées. C’est curieux d’aller dans les rues sans plus avoir la tête barbue de W qui surgit d’un côté de l’écran et vous engueule toutes les dix minutes. De la surveillance, ici comme ailleurs il s’agit de surveiller et se surveiller, porte monnaie et tout le reste. Je lis désir de guerre dans le journal. J’entends quelque part on fabrique des bombes, c’est sûr. Je vois Nina Hagen photo noir et blanc dans la vitrine de la librairie catholique. J’entends on ne sait jamais quand ils vont te lourder, ça dépend de chiffres qu’on connaît pas. Je vois W toujours nerveux se prenant les mots dans sa barbe. En même temps je vois les têtes sculptées dans le bois alignées au détour du chemin. Je pense ne plus avoir à bosser avec/pour ce mec, quel bonheur.
© Laurent Margantin _ 27 janvier 2015