Œuvres ouvertes

Traduire, retraduire

De l’acte essentiel de la traduction en littérature, notamment sur Œuvres ouvertes

Toute (bonne) époque littéraire a ses traducteurs, qui sont parfois des écrivains eux-mêmes. Ce fut le cas au temps du romantisme allemand, avec Tieck traducteur de Cervantès, Goethe de Diderot, August Wilhelm Schlegel de Shakespeare. En France, on pense évidemment aux traductions du Faust de Goethe par Nerval, ou à celles de Poe par Baudelaire et Mallarmé. Il y aurait de multiples autres exemples de tels croisements littéraires permis par l’acte de traduire.

Traduire, non pas seulement pour donner à lire un texte étranger à sa propre langue, mais pour enrichir, transformer celle-ci. Transposer un auteur est un acte littéraire essentiel parce qu’il amène le traducteur a faire travailler sa langue, à y apporter des mots nouveaux (ce fut le cas des traductions de Shakespeare par August Wilhelm Schlegel, qui enrichirent considérablement l’allemand littéraire) et à tenter parfois des rythmes et des constructions inédits.

C’est pourquoi je suis fier qu’Œuvres ouvertes, en quelques mois, donne à découvrir plusieurs chantiers de traduction contemporains :

-  Herta Müller, Prix Nobel de littérature, son écriture évoquée par sa traductrice Nicole Bary, et un essai de traduction du premier chapitre de son premier récit inédit en français, L’oraison funèbre.

-  Werner Kofler, auteur autrichien récemment publié en français par les éditions Absalon, des textes en français par son traducteur Bernard Banoun, tout un dossier sur cet auteur qui sera bientôt étoffé par un entretien avec Banoun et un article sur deux nouvelles publications.

-  Ingeborg Bachmann, dont nous donnons quelques retraductions essentielles par Françoise Rétif, grande spécialiste de la poétesse autrichienne, dossier qui sera également complété par d’autres textes en prose dans les prochains jours.

- Mon propre essai de translation in progress avec les Grains de pollen de Novalis. Dernière ligne droite, nous en sommes au 76ème fragment, il en reste une trentaine.

© Laurent Margantin _ 18 mars 2010

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