Éditions Œuvres ouvertes

06/02/15

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Se serrer la main dans la nuit sans pouvoir se dévisager. Annke von Tharau nom mystérieux qui revient dans ce vaste centre commercial de la périphérie de Stuttgart. Minuscule zone triangulaire assise. Noms de rue et de place sur des panneaux des noms de marque, par ici H & M par là-bas Esprit. Centre-ville lointain que plus personne n’habite même pas en rêve. C’est entre ces vitrines qu’on vit, ici Allemagne c’est pareil que Chine ou Australie. Ville sécurisée sans clochards sans saleté sans pauvreté. Annke von Tharau. Peut-on imaginer Simon Dach assis sur le même banc à ce croisement où personne ne se regarde. Où hommes et femmes marchent à distance avant de se rejoindre devant une boutique. Couples formés pour et tenant par la marchandise. Tristes amants n’ayant d’yeux que pour ce qui se vend. Annke von Tharau, Annke von Tharau, ce que je désire tu désires aussi, tu porteras le maillot x et moi le manteau y, j’attache ma vie autour de la tienne. Des voix disparues et des vies qui disparaissent, des paroles enfouies et des langues qui servent à payer. Nous voilà, Annke, mon plus doux repos, prends ma carte Visa tu connais le code. Ville sécurisée où les poètes portent cravate.
© Laurent Margantin _ 6 février 2015

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