Œuvres ouvertes

28/03/15

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Tranströmer est mort. J’avais découvert sa poésie bien avant son Nobel, avais dû acheter l’anthologie de ses poèmes à la Licorne d’Epinal quand il était sorti en 2004. Endormi (c’est le soir et suis réveillé depuis 4 h du mat), je trouve le livre tout de suite dans une rangée cachée de la bibliothèque pourtant désordonnée (je vais rarement dans ce coin-là, cherche la plupart du temps des textes dans le web), lis quelques poèmes. Ils me sont totalement étrangers, et à cause de cela je les lis. Je les avais lus avec le même sentiment il y a onze ans : ils me sont totalement étrangers, et à cause de cela je les lis. Pas loin de la Moselle, alors que maintenant c’est le Neckar. Ce soir le livre est posé sur la table à côté de moi, possible qu’il y reste longtemps, rien que pour le confluent imaginaire des deux fleuves qu’il dessine. En 2004 j’avais même écrit une page sur Tranströmer. Je la relis comme si elle avait été écrite par un étranger. Est-ce pour cela que j’ai eu ces mots de H dans la tête toute la journée : qu’il est doux d’errer en sainte sauvageté ?
© Laurent Margantin _ 28 mars 2015