Éditions Œuvres ouvertes

08/04/15

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Son truc, c’est la question. Au milieu ou vers la fin d’une réunion, elle pose une question à quelqu’un assis autour de la longue table de conférence. Sans doute a-t-elle besoin de la première moitié de la réunion pour choisir sa victime, hésitant : celui-là... non, plutôt celle-là. Lors des premières réunions, je rêvassais, peu attentif à ce qui se disait, n’étant pas directement concerné. Puis j’ai commencé à faire gaffe. Une question pouvait me tomber dessus n’importe quand, il fallait écouter ce qui se disait, prévoir la question dont je serais la victime. Souvent, c’est simplement : Qu’en pensez-vous ? J’entends toujours : Quand pensez-vous ?, ce qui redouble mon agacement face à la question. En général, elle choisit le plus distrait ou la plus distraite, celui ou celle qui s’ennuie, qui ne participe pas. Pour les vaincre définitivement, son truc, c’est la question. Faire gaffe. La pluie dehors n’existe plus. Ni le plafond, ni les visages autour. Il n’y a plus que la question, la question qui va tomber.
© Laurent Margantin _ 8 avril 2015

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