Oeuvres Ouvertes

depuis 2000

Roberto Arizmendi, poète de l’ouverture

Il faut savoir découvrir « les niches d’espérance cachées entre les interstices de l’histoire »

Présentation et traduction Philippe Chéron

Roberto Arizmendi aime profondément la vie, l’amour, la mer, les voyages. Il n’est donc pas étonnant que le thème de l’ouverture revienne sous sa plume et par conséquent les fenêtres, les portes : tout ce qui s’ouvre et qui ouvre sur quelque chose, ou sur quelqu’un. Il affirme tranquillement qu’il faut tout entreprendre pour qu’il en soit ainsi : « La vie est amour, en fin de compte. / Pour vivre l’amour / il faut frapper à toutes les portes. » L’important est de favoriser ce qui mène à la rencontre, à la découverte de l’autre. À l’amitié et à l’amour. Être prêt à tout faire pour « qu’un sourire nous indique la direction », car « la vie c’est briser le cercle qui limite ».
La pluie, autre thème fréquent dans cette œuvre, est un sujet de méditation. Elle incite à l’imagination, et un de ses recueils ne s’intitule-t-il pas, précisément, « inventer la pluie » ? Souvent persistante, tenace, elle ne pousse pas forcément à la mélancolie, à la nostalgie (la saudade portugaise), encore moins à la dépression : revigorante, elle lave, nettoie, renouvelle. Elle peut être destructrice, encore plus que le feu, mais elle est également créatrice.
Il y a de la joie dans cette poésie. De la joie et de la plénitude. Ce n’est pas que la douleur en soit absente, ni une certaine rage contre l’injustice, l’oppression, ni la dénonciation du désastre écologique, par exemple, mais on y trouve un bonheur de vivre qui est contagieux, une volonté susceptible d’entraîner les plus hésitants : « Je saurai découvrir les niches d’espérance / qui se cachent / sans honte / entre les interstices de l’histoire. »
C’est une voix fraîche, authentique, directe, où les verbes prédominent, une voix qui préfère la simplicité et le langage familier, et qui en cela se démarque complètement des tendances avant-gardistes ésotériques et alambiquées. La vitalité et la transparence la caractérisent et lui donnent son ton : une sorte d’optimisme invétéré que l’on sent même dans le plus mélancolique de ses poèmes.
Roberto Arizmendi est né en 1945 à Aguascalientes, Mexique. Professeur, poète, essayiste, fonctionnaire culturel très actif, chercheur travaillant dans le secteur de l’éducation supérieure, il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont en ce qui concerne la poésie : Las cartas del tiempo (« Les cartes du temps », 1981), Navegante sin puerto (« Navigateur sans port », 1991), Vuelo de gaviotas (« Vol de mouettes », 1995), Estampas de viaje (« Estampes de voyages », 1998) Inventar la lluvia (« Inventer la pluie », 1999), Tu piel en la memoria (« Ta peau dans la mémoire », 2008), El tiempo consentido (« Le temps consenti », 2008).

I
J’erre dans une horloge sans prévoir d’escales
à la recherche de points de lumière
que le temps ne fournit pas
pluie tenace effort inutile
des cadavres dansent encore
et pas moyen de demander pardon
au milieu de l’histoire
La douleur me transperce
le monde me fait halluciner
lorsque les cavaliers bibliques
s’apprêtent à reprendre ensemble leur marche
Je refuse d’être ici
je cherche mon espace
je renie mon origine
et en pleine rue je peux continuer de crier ma folie

II
Esprit d’angoisses
frappe à toutes les portes
que tu trouveras
Aridité féconde qui m’appelle
Je renierai la tranquillité
tant que la mer ne calmera pas sa houle
sage vertu
suivre le mouvement
sans cesse
sans se laisser vivre encloisonné
Vie d’espaces insatiables
feu incontrôlable
amour, amour ne t’éteins pas
aux premières lueurs de l’aube

XV
À chaque oasis de lune
la discorde
À chaque saveur nouvelle
l’incertitude

(De Rastreando por la vida [« En suivant la trace de la vie »], 1987)


À un après-midi pluvieux

La pluie incite au souvenir
reconstruit le temps.

Tandis que chaque goutte
fleurit dans le jardin
l’après-midi découvre
des rêves perdus.

J’aime avec l’amour de cet été-là.
Le calendrier est présent
au milieu de la brume.

Il ne s’est rien passé
encore
il continue de pleuvoir.

(De Navegante sin puerto [« Navigateur sans port »], 1991)


Temps du retour

Le temps du retour commence.
Il faut marcher dans d’autres sentiers,
revenir sur ses pas,
reconnaître les saisons passées
et respirer posément l’air
qui ne nous correspond pas.

Le souvenir est présent
un couteau qui découpe le temps
pour créer de nouveaux faisceaux de lumière
acrobatie et pyrotechnie
où chaque point a un espace précis,
un lieu pour modeler
de nouveau
les histoires.

Que faites-vous maintenant,
fantômes du passé,
alors qu’à chaque pas
des horizons renaissent ?

Comment ferons-nous pour accommoder
dans le présent
tous nos jouets du passé ?

Nous n’avons plus le temps
d’escalader des falaises infinies,
nous ne pourrons parcourir
que ce qui reste du calendrier.

(De Verano que no termina [« Un été qui ne s’achève pas »], 1993)


Nuit de navigation

La lune se cache.
Il n’y a plus de bateaux
dans la mer des oublis.

Tout se croise
et il n’y a qu’à attendre l’aube
pour endormir
la fatigue du temps.

Il n’y a pas moyen de franchir les océans
pour nous rapprocher des plages nouvelles.
La croix du sud
a obscurci son phare.
Il n’y a pas de guide pour le futur
rien que ta voix
tes baisers
la nudité d’albâtre de ton corps
et la copulation magique de l’espoir.

La nuit se couvre.
Il n’y a que toi
au milieu de cette obscurité
qui n’en finit pas.

(De El mar, origen y destino [« La mer, origine et destin »], 1994)


Des points dans l’espace

Nous sommes la même figure
des années passées.

Il n’y a pas de changements
qualitativement substantiels
dans une histoire individuelle.

Les biographies en fin de compte
ont peu à voir
avec l’histoire sociale
– la vraie histoire.
Ce ne sont que des points minuscules
dans l’océan des configurations
et leur signification dépend
de l’endroit exact
où se trouve situé le point
pour être substantiel
ou ne pas projeter la moindre ombre
dans l’espace.

(De Cantos perdidos [« Chants perdus »], 1995)


Retour au passé

Là tout était
à sa place :
livres, empreintes,
pénombre, poussière sur les rideaux,
attendant le moment
de revenir au calendrier
et de se souvenir de la vie avec la vie.

Là était le temps
sans retour :
fleurs fanées
odeur d’humidité sur les murs
douleur de l’absence,
déception et désenchantement ;
le temps mis en pièces
à la seconde près.


Ta caresse

J’emporte ta caresse partout
je la promène comme un chien fidèle ou un talisman ;
elle me sert de lorgnette pour voir la vie
ou de chaussure pour ne pas m’évanouir dans mes errances ;
je la range n’importe où
dans mon portefeuille ou dans ma poche.

Mais quand elle s’éloigne, mon amour,
le monde s’écroule
et je marche en criant dans les rues
en disant vois donc, viens,
voici ta maison,
ouvre la porte
et prend possession de mes tristesses.

(De Navegar entre amor y desencantos [« Naviguer entre l’amour et les désenchantements »], 1997)


Au présent et au futur, ton nom

Pour ta surprise, le temps ; pour ta voix, mon toucher.
Que l’histoire ne nous laisse pas des rêves tronqués
et que la circonstance n’altère pas les présages
pour tracer avec précision les lettres de ton nom.

Personne ne pourra me refuser, ni te refuser
le grand vent des ombres qui nous marquent.
Ta parole est ma voix de vent éternel
et l’histoire s’écrit avec ton nom.

L’insondable océan de discordes
laisse une trace ineffaçable dans l’espace,
et la seule mention exacte de ton nom
est un signe d’encouragement pour l’avenir.

Silhouette imprécise sur le chemin, je parcours ces temps troublés.
Il y a celui qui s’érige en rédempteur du monde et qui l’ensanglante
et je n’arrive pas à construire avec précision un monde nouveau
car il me manque parfois l’élan décisif de ton nom.

Nous tisserons des filets de vent pour inonder l’univers
avec le son précis d’un passé déchirant.
Que les hommes sortent de leur léthargie inutile
pour entrelacer le futur, à l’ombre du souffle de ton nom.

(De Desafío contra el olvido [« Défi contre l’oubli »])


Par cœur

Les rues de la ville
ont appris ton nom par cœur.
Elles t’ont vue si légère et décidée à les parcourir
qu’elles ont établi
une sorte de silencieuse fraternité
à toute heure.

Le parc et sa fontaine inquiète
te regardaient sortir tous les matins.
Les nuages ou le ciel clair,
le temps, les oiseaux dans leurs nids
te comptaient les jours.

Tu partais à la recherche de secrets
à la découverte de recoins insolites
dans la foule,
pour apprendre par cœur les lignes d’autobus
et rencontrer dans le métro
des visages fugaces, taciturnes,
tristes ou souriants
chacun d’eux portant la vie à sa manière.

Soudain le calendrier
s’est retrouvé à court de pages.
Le temps a manqué pour modeler les rêves
avec le toucher et la magie des jours,
et parcourir les énormes distances qui manquaient
pour que la ville soit tienne, totalement,
et qu’elle te garde dans sa mémoire et dans son cœur.


Porte entrouverte

Je respire la ville, la découvre, je me remets à la parcourir,
je trouve dans ses recoins la poussière des jours
le monde insatiable de certains déshérités
les tuiles des toits lavées par la pluie
et le goût rance d’une histoire encore non écrite.

La ville a une autre façon d’égrener les heures
une manière spéciale de chiffrer les souvenirs du non-vécu
d’apprendre à découvrir la poussière des jours
ou à renommer ceux qui ont été torturés pour avoir annoncé l’aube,
la lumière d’un nouveau jour, sourire et espoir, l’avenir désiré.

Le temps a accumulé des histoires, des livres,
les souvenirs déambulent,
les amours passent comme s’ils venaient juste d’être découverts,
je trouve des trottoirs intacts et des rues passantes,
des bars sont découverts, des cafés reviennent à la mémoire.

Les amis loyaux, les complices de toujours
laissent une trace indélébile, définitive,
et les jardins exhalent des arômes répétés.
Il n’y a pas de soleils insolents ni de tornades
seulement de la douceur au milieu de la turbulence citadine.

On dirait que cette ville a un autre nom
qu’elle n’a pas été édifiée selon la légende,
que le Lac de Texcoco
et son île de l’aigle et du serpent
n’ont été qu’un rêve.

Mais ma rue prononce et devine des noms,
découvre des figures rêvées et des misères répétées,
des souhaits qui déambulent dans le rêve.
Elle ouvre ses volets pour faire entrer le vent,
la lumière et l’espoir, le vent nouveau.

Chez moi une porte est entrouverte, toujours,
il n’y a qu’à pousser doucement ces planches de bois
et entrer pour dire bonjour, prendre un café,
savourer une coupe de champagne ou de bon vin,
découvrir tout ce qui nous reste à savoir, ce qui est encore innommé.

À la maison il y a des livres qui n’ont pas été ouverts,
des poêles inutiles pour préparer des repas
ou inventer des recettes inconnues,
des vins pas encore tirés, bons à goûter,
des rêves inouïs et des histoires à peine ébauchées.

Il ne manque qu’une voix, douce, assoiffée, opportune ;
pourvu que tu arrives et que tu pousses la porte.
Les clés de la vie seront à toi.
Il y a des univers inédits qui attendent
patiemment ton arrivée, et quand cela arrivera…


Cette fenêtre

Il est tard déjà.
La nuit a un goût de chiromancie
et de fraîcheur d’été
dans l’attente de la pluie.

Aujourd’hui, la ville a partout
la couleur de ton sourire.
Le soleil lance ses rayons et sa lumière
comme des fanfares d’été
et un vent frais souffle.

Demain après-midi il pleuvra.
Cela sera sûrement une pluie persistante
et par la fenêtre tes yeux verront
de nouveau l’eau tomber.

Je t’observerai
et dès maintenant
mes yeux sont fixés
sur cette fenêtre,
pour ne jamais te perdre.


Les portes

La vie est une suite infinie
de portes sans retour en arrière.

Chaque fois que l’on en franchit une c’est une joie
que l’on ne saurait apprécier sans avoir frappé.

Le défi de la vie est d’accéder
pleinement à tous les espaces.

Chaque porte attend anxieusement qu’on l’ouvre
mais il est indispensable d’arriver jusqu’à elle
et de pousser pour qu’elle s’ouvre.

La vie est amour, en fin de compte.
Pour vivre l’amour
il faut frapper à toutes les portes.

Pour celui qui aime,
la vie est une marche dans toutes sortes de chemins,
une recherche permanente,
pour découvrir et frapper à toutes les portes rencontrées.

Quand on aime
il faut apprendre à frapper
à toutes les portes de l’autre
pour être ;
l’autre attend l’appel
pour donner,
et tant qu’il frappe, il est,
et il permet que l’autre soit
et en ouvrant il est
pour qu’ils soient.


Inexplicable énigme

Quand ma voix ne te nommait pas encore
tu étais étonnement, doute, incertitude ;
elle naviguait dans les eaux du fortuit
et le cri de la plénitude te parcourait.

Tu as été un rêve pléthorique sans nom
dans cet espace de joie intangible qu’est le rêve.
Je t’ai aimée un mardi sans même avoir été nommée
tout au long d’un jour inexistant.

Mais ton baiser a été un sceau inexplicable
pour y naviguer j’ai sillonné le bonheur
entre l’hésitation des syllabes perdues
et la certitude de ta figure fragile et si incertaine.

J’ai su alors comment deviner les jours
au milieu d’un trafic d’ombres
et je me suis installé sans délai ni préjugé
dans le bonheur intangible de ton nom.


Dans l’insomnie je te touche

La vie offre des signes
qui jouent à l’histoire.
Nous revoyons le temps
et reconnaissons les traces
imprimées sur le sentier.

Le vent souffle légèrement,
il y a de la fraîcheur cet après-midi
et nos yeux voient l’horizon
pour déchiffrer les rêves.

Dans l’insomnie je te touche,
la mer est ton destin,
mes paroles t’appellent
et invoquent l’avenir
depuis la précision de ta peau.

J’admire ta figure équinoxiale
et mon toucher invente placidement
l’image qui te signe et te projette
dans cet avenir encore sans limites précises.


Nous faisons fuir la mort

Une nuit nous avons senti
de la poussière d’étoiles,
nous sommes restés attentifs et unis
jusqu’à l’aube.

Le lumière ténue traçait
la voie délaissée,
nous étions des étrangers sans destin,
des amants illimités,
des sages inconclus.

Les portes de la maison ouvertes
le vent pénétrait discrètement
pour chanter sans chagrin,
pour faire fuir la mort.


Message

Tu ne pourras pas répondre.
Mais au beau milieu de ce silence
j’arriverai jusqu’à toi
sous forme de parole.

Tu ne pourras pas me deviner.
Mais dans ce présent
qui ne cesse de te nommer
je tracerai le profil de ta mémoire.

Tu ne pourras pas me caresser.
Mais au beau milieu du rêve
le baiser sera un rêve illimité
jusqu’au lever du jour.

Tu ne pourras pas me prendre,
parce que je ne suis moi-même qu’avec mon amour
et je cherche à quoi me raccrocher
pour que dans l’avenir tu me nommes.

Je marche sans but ni limites
pour que la couleur du vent
au cours des après-midi de soleil agonisant
découvre mon audace.

Je suis tes pas sans aucune crainte
à une distance prudente
sans que tu t’en rendes compte
ni peut-être me devines.

Mais je fais le trajet impossible à prédire
en cherchant à camper dans ton être, jusqu’à l’été,
pour que la neige ne vienne pas me recouvrir
sans ta parole.


En silence

Je te nomme en silence
j’appelle et j’écoute ta voix sans que tu répondes
tu fais partie d’un personnage dans lequel l’histoire se réaffirme
et j’essaie de découvrir la plénitude des couleurs qui te marquent.

Je repasse par chaque pas, je parcours le temps.
Les chemins sont un horizon illimité qui te nomme aussi.
J’accuse la nuit, le calendrier,
je laisse la lumière de l’aube allumer le chant.

La lune, aujourd’hui, n’a pas pu deviner les sentiers.
Nous sommes d’éternels marcheurs sans port d’attache,
des archers désirant la lune
pour imposer la précision de l’avenir même sans nom.


À ton départ

La lumière de tes yeux continue d’éclairer la maison
dans tous les coins.
C’est ce qui nettoie ce ton de deuil
qui est resté imprégné
sur tous les objets
depuis le moment précis où tu es partie.


La vie est histoire

La vie c’est briser le cercle qui limite
découvrir la lumière naturelle au milieu de la nuit
hisser des drapeaux toujours à temps
jusqu’à atteindre la plénitude sans réserve.

Rien que la course du vent et du temps
rien que la lumière d’équinoxe qui nous pousse
tandis qu’une voix devient caresse sur la peau
et qu’un sourire nous indique la direction.

La vie c’est aussi le souvenir
la nostalgie qui humidifie les espaces
la présence indicible ou le rêve illimité
pour reconstruire jour après jour l’histoire intermittente.


Les années perdues

Un jour je te rencontrerai
entre la brume de la nuit
et une pluie persistante d’allégories.
Je reconnaîtrai tes pas
et les traces qu’ils laisseront
sur le sentier.

Je saurai de nouveau nommer
le temps et ses lisières.
Je saurai découvrir les niches d’espérance
qui se cachent
sans honte
entre les interstices de l’histoire.

Je ferai un bilan silencieux
et je trouverai un sourire
fardé sur tes lèvres,
une grimace adolescente,
comme celle que tu m’as laissée
sur le linteau de l’étonnement
des années perdues.

Je saurai alors que les calendriers
n’ont pas de nom ni de prénom
mais le souffle du plaisir
pour te connaître vraiment
intacte, la peau assoiffée
et avec le désir de tout savoir,
pour que les sens parlent
et que mes yeux découvrent sans tarder
le murmure silencieux des années.

(De Saberte de memoria, [« Te connaître par cœur »], 2009)

© Philippe Chéron _ 25 avril 2015

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