Éditions Œuvres ouvertes

16/04/15

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Vivre ici, c’est avoir un chat qui se tient sans cesse caché en bas de l’immeuble, dans le parking souterrain. J’avais rêvé de chats dans les combles d’une maison, attendant dans l’obscurité l’ennemi muni d’un sabre : lequel des deux couperait l’autre ? Le chat du parking se réfugie dans le moteur d’une voiture, s’y tient au chaud, toujours aux aguets. Se faufile entre les roues. Change de cachette toute la journée, selon les sorties des habitants. Je le cherche pour le nourrir, il m’entend venir et sort de son trou. Ses poils blancs restent propres, aucune trace de cambouis, et ses yeux ardents toujours. Vient autant pour la caresse que pour la nourriture. Me connaît maintenant. Sait que j’habite quelque part là-haut mon propre moteur. Me flaire. Voit à travers moi d’autres planques, mais les mêmes mouvements de l’une à l’autre. Semble me parler et tout connaître de nos vies obscures sous les toits, comme s’il y avait vécu avant le parking. Au fond, me suis-je dit aujourd’hui en le voyant sortir de sa cachette, il a une longueur d’avance sur moi et sur tous les habitants de l’immeuble. Et je n’étais pas loin de rester là et de le laisser monter à ma place. Qui aurait pu m’en empêcher ?
© Laurent Margantin _ 16 avril 2015

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