Éditions Œuvres ouvertes

Le Terrier ou la construction (10)

nouvelle traduction work in progress


Je vis en paix au plus profond de mon terrier et pendant ce temps l’adversaire, venant de n’importe où, creuse lentement et silencieusement une galerie qui le mène jusqu’à moi, je ne veux pas dire qu’il a un meilleur flair que moi, peut-être en sait-il aussi peu de mon existence que moi de la sienne, mais il existe des bandits passionnés qui fouillent la terre aveuglément, et vu l’immense étendue de mon terrier ils peuvent même espérer tomber à un endroit sur l’une de mes galeries, bien sûr j’ai l’avantage d’être chez moi, de connaître exactement toutes les galeries et toutes les directions, le bandit peut devenir très facilement ma victime et une victime à la douce saveur, mais je me fais vieux, il y en a beaucoup qui sont plus forts que moi et j’ai d’innombrables adversaires, il pourrait arriver que je fuie un ennemi et tombe dans les griffes d’un autre, ah que de choses pourraient se produire, mais de toute façon je dois être sûr qu’il y a quelque part une sortie facile d’accès et grande ouverte par où je puisse m’échapper sans n’avoir plus à creuser, car je ne veux surtout pas qu’occupé à creuser désespérément, ne serait-ce que dans un léger remblai, je sente tout à coup – le Ciel m’en préserve – les dents de celui qui me poursuit dans mes cuisses.


suite
texte traduit

© Franz Kafka_traduction & appareil critique par Laurent Margantin _ 2 mai 2015

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