Éditions Œuvres ouvertes

04/05/15

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Retrouve donc les quais de Conflans Sainte Honorine. Arrête la voiture sur la place du marché cherchant le café lumineux où je venais souvent, mais ne distingue que quelques commerces sans enseigne. Me dirigeant vers les quais constate qu’ils ne sont plus couverts de bitume et que les péniches ont disparu : à la place terre et arbres, cailloux sur le sol et un chemin en pente qui ne semble plus longer la Seine mais tout juste une rivière sombre. C’est la mairie, me dit-on, qui a fait rénover entièrement la zone, rénover étant ici un mot étrange puisqu’il semble qu’on ait plutôt choisi d’ensauvager les quais au-dessus desquels se tenait jadis le marché sur un parking. Avance d’abord seul puis quelques silhouettes à mes côtés, bientôt foule de touristes dans une espèce de galerie moderne au milieu d’une forêt jusqu’à une pièce derrière une vitre : là se tiennent des hommes en tenue noire qui manipulent des sabres et semblent ignorer nos regards. Demi-tour dans la foule, Conflans a bien disparu, ne pense même plus aux péniches. Hier soir je lisais La Maison Tellier et en me réveillant me dis que c’est la Normandie de Maupassant qui a dû faire irruption ici, bousillant mon paysage intérieur. Où prendrai-je un café face au fleuve maintenant ?
© Laurent Margantin _ 4 mai 2015

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