Éditions Œuvres ouvertes

31/05/15

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Savais que c’était lui, Franz B. L’avais juste vu débouler devant moi sur un vélo chemise grise à petits carreaux de dos, attitude typique de jeune vieux penché sur son guidon très à l’aise, descendait vers la Mühlstrasse puis je l’ai dépassé et c’est là derrière moi que j’ai reconnu sa voix, juste quelques mots Franz B mon ancien boss qui faisait claquer son attaché case sur son bureau quand il arrivait le matin 9 heures. Pas de lien et pourtant ces jours-ci lente immersion dans la nouvelle biographie de Franz Kafka en trois volumes réalisée par Reiner Stach qui y a travaillé dix-huit ans, commencé par un chapitre sur son job à la Compagnie d’assurances pour les accidentés du travail. Dans le numéro du Spiegel de 2014 que m’a donné un ami il est précisément question de ça : comment pour Stach (mais en le traduisant depuis 5 ans maintenant et notamment le Journal et ses cahiers cela était déjà évident pour moi) travail pro et écriture devaient être envisagés ensemble chez Kafka, car c’est là, dans ces bureaux et lors de nombreuses visites d’usines qu’il s’est trouvé en contact avec l’ordre social de son temps, sans parler des estropiés de la Première guerre mondiale. La voix de Franz B toujours aussi sourde et froide, managériale on dit je crois, même haut cadre d’une compagnie d’assurance impossible de m’imaginer Franz K avec la même voix, en revanche déconnant sur un vélo oui.
© Laurent Margantin _ 31 mai 2015

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