Œuvres ouvertes

Jean Vilar (2)

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On continuait à longer le mur mais on savait pas lequel parce qu’on était dans l’obscurité. On touchait le ciment du doigt, ils avaient pas fini de bâtir, dans le bus on regardait les campements de manouches, oui c’est manouches qu’on disait et pas gitans, mais là aussi c’était obscur, où étaient-ils vraiment, là du côté des autos mortes juste après le bois noir ou bien sur l’autre bord de la route quand on revenait, on savait jamais où ils étaient les manouches, on voyait juste de la fumée, on sentait la fumée des feux mourants quand on passait, ils se planquaient, on était sûrs qu’ils se planquaient et qu’ils avaient peur.




Jean Vilar (3)

© l_m _ 3 novembre 2015
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