Oeuvres Ouvertes

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Jean Vilar (4)

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C’était partout la même odeur de béton et de ciment. Partout la même obscurité du couloir où on courait en espérant qu’on en sortirait un jour, mais un couloir donnait sur un autre couloir et ainsi de suite. En vérité la route avec les manouches planqués et les ferrailleurs et les pompiers était un autre couloir, un couloir aux murs en béton, il suffisait de renifler un peu dans le bus et ça sentait le béton et le ciment toute cette mécanique, on était pris dans le béton et on en sortait pas, même si on avait le sentiment de bouger et d’avancer on était pris dans le béton, là aussi devant le portail, le bâtiment était toujours en chantier et nous on était dedans piégés, tous nos mouvements, tous nos gestes tout ça c’était pour du beurre, le couloir et son obscurité nous trompaient en nous donnant l’impression d’aller vers la sortie, en vérité on habitait le béton, le couloir c’était du béton, nos vêtements et nos têtes aussi bientôt, alors pourquoi cette étrange fascination pour ce nouveau béton qu’on connaissait pas encore, le béton de Jean Vilar, oui pourquoi cette fascination, est-ce que tu savais, toi ?




Jean Vilar (5)

© l_m _ 5 novembre 2015

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